CHAPITRE VIII. l'église
au Siège Apostolique, leurs jugements participent de l'infaillibité de Pierre. Au-dessous des évêques, des prêtres à charge d'âmes administrent les sacrements aux fidèles dans les paroisses, ils leur enseignent les vérités de la foi et de la morale chrétienne. '
Cette hiérarchie ecclésiastique a, dans ses traits essentiels, pour cause immédiate le Christ et pour raison d'être la gloire de Dieu par le salut des hommes. Loin de regarder avec dédain les fidèles qui ne participent pas au pouvoir d'ordre et dejuridictiori, les pasteurs savent que leur devoir est de travailler, de vivre et de mourir à leur service. Cette foule des baptisés appartient au Christ par droit de conquête, et lors même que leur vie ne répondrait pas toujours à leur foi, ils font encore partie de l'Eglise par tout ce qui reste de bon en eux. Comme un arbre ébranlé par la tempête et qu'une, racine vigoureuse retient attaché au sol, de même le chrétien, même infidèle à la grâce de sa
vocation, adhère encore à l'Eglise sinon par les œuvres, du moins par la foi et l'obéissance aux pasteurs légitimes. Tout ce qu'il y a en lui de mauvais et de vicieux est son œuvre et celle du démon ; mais par tout ce qui subsiste en son âme de vie surnaturelle, il appartient à l'Eglise et lui appartiendra tant qu'il n'aura pas rompu cette dernière racine. C'est l'Esprit Saint qui produit et conserve en lui ces vertus fondamentales de foi, d'espérance, d'obéissance à l'autorité ecclésiastique, et il est toujours prêt, tant que dure la vie présente, à renouer étroitement les a;utres liens que la méchanceté humaine a brisés.
Mais si, dans les cœurs mal disposés, l'Esprit, qui anime ce grand corps de l'Eglise, ne saurait verser tous ses dons, avec quelle plénitude il opère dans les membres de cette Eglise qui se livrent sans réserve à son action ! Les vertus héroïques germent dans des milieux obscurs ; d'une chaumière sortent d'humbles filles,