CHAPITRE VIII. — l'Église
dont l'une devient « la vierge des batailles », Jeanne d'Arc, et l'autre sainte Germaine Cousin. Sur les trônes s'épanouissent la justice et la bonté, la clémence et la chasteté ; tout le monde se souvient des noms de saint Louis, saint Edouard, saint Ferdinand, sainte Elisabeth de Hongrie, saint Henri l'Empereur. Partout, en tout temps et en tout lieu, la sainteté et les dons surnaturels vivent et agissent au sein de cette Eglise, teinte du sang des martyrs et parée des violettes de la pénitence (Saint Am- BROisE, Comment, in Evangel. Luc. lib. vu.
128). Pas une classe de la société n'échappe à cet influx secret. Sous la cuirasse du chevalier battait le cœur d'un Godefroy de Bouillon ou d'un saint Elzéar de Sabran ; engagée ' dans les liens du mariage avec un païen, Monique sanctifiait l'infidèle et sauvait Augustin ; Clotilde convertissait Glovis, et toutes deux prenaient place sur les autels. Saint Isidore le laboureur conduisait la charrue, pendant que
de son cœur s'élevait vers Dieu une prière incessante. Saint Yves était l'avocat des pauvres et le défenseur de la justice.
Mais ce qui achève de donner à l'Eglise son caractère visible de sainteté, c'est la pratique toujours vivante des conseils évangéliques.
Dans une même famille, les caractères des enfants sont divers, parfois opposés : il en est de rebelles et d'obéissants, il en est de généreux que ne satisfait pas l'accomplissement des ordres et qui entendent pousser l'amour filial jusqu'à se soumettre aux désirs mêmes de leurs parents. Ces divergences se retrouvent parmi les membres de cette grande famille surnaturelle dont Dieu est le père ; à côté de fils trop souvent révoltés, il en est de dociles aux commandements divins, et quelques privilégiés, favorisés par la grâce, franchissent les bornes des préceptes, trop étroites pour l'ardeur de leur foi et de leur charité.
Trois obstacles principaux contrarient la li-