‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 73 sur 129 · CHAPITRE X. LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. LES SACREMENTS

ble de force dans les comBats qu'il doit livrer aux ennemis du dedans et du dehors ; à qui sait s'en servir, elle devient arme offensive et défensive, épée et cuirasse.

« Prenoni? ces armes, s'écrie saint Cyprien, munissons-nous de ces auxiliaires spirituels et célestes, afin qu'au jour de la tentation nous puissions résister aux menaces du démon et le vaincre. Revêtons-nous de la cuirasse de la justice, pour que la poitrine soit sûrement protégée contre les javelots de l'ennemi... Portons sans crainte le bouclier de la foi, afin que les traits de l'adversaire viennent s'y briser. Plaçons sur notre tête le casque du salut ; ainsi nos oreilles ne seront point effraj'^ées par les édits féroces des empereurs ; nos yeux ne verront point les détestables idoles ; sur notre front le sceau divin se conservera sans souillure ; notre bouche confessera victorieusement le Christ son Seigneur. Saisissons le glaive spirituel, pour que notre main repousse avec courage les funestes sacrifices, pour que cette main reste digne de l'Eucharistie, du Corps du Seigneur qui y a été déposé, et qu'elle l'embi-asse dans l'attente de cette céleste couronne qu'elle recevra de Dieu (S. Cyprien. Lettre LVI. n. 9) ».

Depuis de longs siècles, la discipline a chan-

gé, et les chrétiens ne tendent plus la main droite au prêtre pour y recevoir le Corps du Seigneur. Mais la nourriture céleste est toujours distribuée aux fidèles, et le jour où l'enfant s'approche pour la première fois de la table sainte, marque une date sacrée dans la vie. Des joies plus passionnées et plus tumultueuses attendent peut-être le cœur de l'homme ; mais cette joie sans mélange, douce et profonde, qui nous l'a donnée et qui nous la rendra? Cette effusion de l'àme innocente, qui se rencontre pour la première fois face à face avec son Sauveur, cette première épreuve des suavités de la cohabitation et de l'intimité divines, voilà la date lumineuse, le souvenir le plus doux dans une vie humaine. A ceux qui n'ont pas connu cette joie les trésors de la bonté divine ne se sont jamais ouverts jusqu'au fond ; ils n'ont jamais éprouvé ce qui se rapproche le plus icibas des sentiments d'Adam et d'Eve conversant familièrement avec Dieu au temps de la primi-

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