CHAPITRE X. LES SACREMENTS
qui est charité ? Mais alors leur union s'élève à une mystérieuse dignité que n'avait pas connue celle d'Adam et d'Eve, au paradis terrestre ; elle devient le vivant symbole de l'union spirituelle du Christ et de son Eglise, l'expression typique de leur mutuel amour. Dieu se complaît dans cette image, et en vue de la réalité surnaturelle dont elle reproduit si vivement les traits, il comble de ses dons ces créatures qu'il aime. C'est ce qu'exprime sous forme de prière la bénédiction prononcée par le prêtre sur la vierge, qui va être appelée aux charges et à l'honneur de la maternité :
« Jetez, Seigneur, un regard favorable sui' votre servante qui, au moment de se lier par l'union conjugale, vous prie de la fortifier de votre protection ; que son joug soit un joug d'amour et de paix ; qu'elle soit fidèle et chaste en ce mariage contracté dans le Christ, et qu'elle persévère dans l'imitation des saintes femmes. Qu'elle soit aimable à son mari comme Rachel, sage comme Rébecca; qu'elle vive longtemps et qu'elle soit fidèle comme Sara... Que l'horreur du
désordre la pénètre de gi-avité, que sa pudeur la x-ende digne de vénération, qu'elle soit instruite des célestes enseignements. Qu'elle soit féconde, que sa vertu soit solide et qu'elle vive dans l'innocence. Qu'elle i^arvienne au repos des bienheureux et au roj^aume du ciel ; que ces époux voient tous deux les enfants de leurs enfants jusqu'à la troisième et à la quatrième génération, et qu'ils parviennent à la vieillesse désirée. »
Mais toutes ces cérémonies et ces prières, si belles qu'elles soient, ne doivent pas égarer notre esprit sur la portée réelle de l'acte qui s'accomplit. Le prêtre est le nécessaire témoin du mariage ; il représente Dieu sanctionnant de sa grâce le consentement que les époux ont échangé. Mais les ministres de ce sacrecrement, ce sont les époux eux-mêmes^ en qui réside et opère ce sacerdoce initial descendu en nous avec la grâce du baptême. Dieu est " garant des droits qu'ils se sont concédés, de la fidélité qu'ils se sont jurée. Le sacerdoce initial, qui produit de telles œuvres, est donc une grande chose, digne de notre admiration ; c'est