CHAPITRE X. ' LES SACREMENTS
une certaine participation de tous les chrétiens à la puissance sacerdotale du Christ. Mais, dans cet ordre d'idées, le Seigneur a réalisé de si étonnantes merveilles que nous négligeons trop souvent la considération de cette ébauche pour porter toute notre attention, toute notre admiration sur les sacrificateurs.
Le sacrifice est l'acte capital et la base de la religion. Sans sacrifice, pas de religion véritable et complète ; car le premier des devoirs religieux, c'est l'adoration, et le sacrifice seul est l'expression suffisante de l'adoration ; seul, il traduit par des faits le pouvoir souverain de Dieu sur la vie et la mort. Le sacrifice devait donc avoir sa place dans la Loi de grâce et d'amour, comme il l'avait eue sous la Loi de crainte; mais sa perfection devait être proportionnée à la dignité du divin Prophète qui avait promulgué la Loi nouvelle et à l'éminence de l'alliance éternelle conclue entre Dieu et l'homme. Ce sacrifice fut offert à la Sainte Tri-
nité sur l'autel sanglant de la Croix par Jésus- Christ, à la fois Prêtre et Victime ; et d'un seul coup, en vertu même de la souveraine excellence de cette unique oblation^ Jésus consomma pour jamais l'œuvre de la sanctification des hommes. Mais son rôle de Prêtre n'a pas pris fin avec sa vie mortelle ; les mains teintes de son propre sang, le sang de l'Agneau immolé pour le salut du monde, il a pénétré dans le Saint des Saints, et toujours il présente au Père céleste les plaies de ses pieds et de ses mains que les clous ont percés, la blessure de son Cœur sacré ouvert par la lance du soldat romain.
Sur la terre aussi, il s'est choisi des hommes qui le représentent et qui offrent à Dieu pour son Eglise un sacrifice dont toute la valeur et toute l'efficacité découlent dé l'unique oblation du Calvaire, un sacrifice pacifique par lequel nous sont appliqués chaque jour les mérites infinis du sacrifice sanglant de la croix. Chaque jour, le Corps et le Sang de Jésus sont immo-