‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 79 sur 129 · CHAPITRE X. — LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. — LES SACREMENTS

lés sur nos autels par la main de ces hommes élus entre tous, qui prononcent sur le pain et le vin les paroles sacrées, transformatrices, que Jésus prononça devant ses Apôtres à la dernière Gène, la veille de sa mort. En ce moment solennel, ils sont identifiés au Pontife suprême de telle sorte qu'ils parlent en son nom et non au leur : « Ceci est mon corps ; — Ceci est le calice de mon sang ! » Avant tout, les prêtres sont des sacrificateurs.

Mais cette qualité n'épuise pas la fécondité de la grâce sacerdotale. Les prêtres sont les ministres des sacrements ; ce sont leurs mains consacrées qui versent l'eau sainte sur le front des nouveau-nés et qui distribuent aux fidèles le fruit du sacrifice, le pain de vie descendu du ciel. C'est l'évêque, c'est-à-dire le prêtre parvenu au sommet de la hiérarchie d'ordre, qui multiplie par l'imposition de ses mains le nombre des sacrificateurs. C'est le prêtre qui s'asseoit comme juge au tribunal de la pénitence.

Parmi les dons que le Seigheiir a laissés en héritage à son Eglise, le plus précieux pour la faiblesse humaine, c'est, après le baptême, le pouvoir de remettre les péchés. A côté des âmes généreuses qui persévèrent jusqu'à la mort dans la grâce initiale et dont le flambeau va se perdre dans les clartés de la vision béatifîque, il y

a dans l'Eglise des âmes qui ignorent le secret divin de l'innocence et de la fidélité parfaite. N'y aura-t-il pas de salut pour ces chrétiens tombés, et faut-il qu'ils renoncent à tout espoir de restauration spirituelle ? Tout l'esprit de la Loi Nouvelle proteste contre une pareille supposition. Loi de grâce et d'amour, Loi de miséricorde et de pardon, elle ne réserve pas ses bienfaits à une élite, elle admet, elle introduit tous les hommes, elle les presse d'entrer dans

le vaste édifice de l'Eglise. Qu'un sentiment de réelle contrition, xme pensée sérieuse de regret amène aux pieds du prêtre le pécheur qui, n'ayant pas su conserver intacte la grâce de son

Page 1