‹ L'esthétique du dogme chrétien [microform]Chapitre 8 sur 129 · CHAPITRE I. DIEU · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. DIEU

un OU plusieurs noyaux de condensation (Cf. Stanislas Meukier, La géologie comparée^ p. 207).

A côté de ces miracles de la toute-puissance dans l'espace céleste, Dieu ne cesse d'ag-ir à la surface de la terre, dans l'air et dans les eaux ; sous sa main, les infiniment petits se multiplient par myriades, plantes et animaux, chacun avec sa forme, sa constitution particulière, son mode de propagation, son action spéciale dans le domaine de la vie. Ainsi, la toute-puissance divine embrasse et étreint sans effort les deux pôles de « ce monstrueux univers » (Taine), et la volonté, qui trace aux corps célestes la ligne de leurs révolutions,~fait éclore l'infusoire dans une eau dormante et le microbe dans un organisme en fermentation. Se jouer ainsi du temps et de l'espace, n'est-ce pas le signe caractéristique de l'immensité et de l'éternité ?

La science de cet Être tout-puissant nous épouvante, et nous sommes saisis de vertige quand nous nous penchons sur ses abîmes. Ou

plutôt, cette science est comme un prodigieux foyer qui projette un éblouissant jet de lumière . sur tous les objets qui passent dans son champ de réflexion ; et ce qui passe dans le champ de réflexion de la science divine, ce sont les étoiles du ciel et les animalcules de l'océan, l'infiniment grand et l'infîniment petit, c'est le monde entier, les créatures raisonnables et leurs actes libres, le passé, le présent et l'avenir, enfin et par dessus tout la nature divine ! Tout est nu, tout est clair, tout est lumineux pour cet œil toujours ouvert dans l'infini ; Dieu sait tout, parce qu'il voit tout. Les analogies dont l'homme se sert : le condor qui plane au-dessus des glaciers des Andes et dont l'œil sanglant de rapace scrute tous les plis de la montagne pour y chercher sa proie, le naturaliste qui poursuit, armé du microscope, les plus infîmes manifestations de la vie, tout cela est d'une insuffisance dérisoire ; les paroles nous manquent, et nous ne pouvons que répéter avec le Psàlmiste :

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