CHAPITRE XI. LA FOI
nomènes naturels. Ces opérations divines ne compromettent pas plus d'ailleurs la nécessaire fixité des lois physiques que l'intervention de la volonté libre de l'homme, armé des ressources de la science, n'en compromet la stabilité. Mais la créature est avertie que Dieu a' parlé et qu'il serait impie de refuser son assentiment aux paroles de Celui qui est vérité. Après comme avant, le mystère subsiste ; le miracle a pour but non de dissiper les obscurités de la révélation, mais d'en garantir le caractère divin. Ce point suffît; tout homme raisonnable comprend que les vérités célestes sont obscures pour lui non parce que la clarté interne leur fait défaut, mais parce que, trop intense, elle éblouit nos yeux comme les rayons du soleil.
Nous croyons, nous donnons notre pleine et entière adhésion aux mystères, bien que ces mystères ne soient en aucune façon pour nous des vérités évidentes par elles-mêmes ; mais le miracle en a f^it des vérités évidemment croya-
bles, et c'est assez pour que, prévenus et assistés de la grâce divine, plus nécessaire encore ici qu'ailleurs, nous franchissions ce pas décisif qui nous introduit dans le monde surnaturel.
Du reste, la foi et ses ombres n'auront qu'un temps. Quand la période de l'épreuve terrestre sera finie, les voiles qui nous séparent de l'objet de notre foi se déchireront, et nous verrons ce que nous aurons cru. Gomme les chrétiens seront heureux alors d'.avoir, au milieu d'un siècle incrédule, rejeté tous les sophismes et fait taire en eux l'orgueil ! La vision béatifîque, qui succédera à la foi, en sera la récompense, et notre délivrance par la vérité sera complète.