CHAPITRE XIII. — LA CHARITÉ
mour établit entre la personne qui aime et celle qui est aimée. Avec un élan proportionné à l'amour qu'elle éprouve, la volonté se porte vers l'objet désiré ; elle le saisit, elle l'étreint, elle s'absorbe en lui, et ces embrassemenfcs dont les mères nous donnent le spectacle ne sont que l'expression matérielle de cette fusion des volontés aimantes : « Qui s'attache à Dieu ne fait qu'un même esprit avec lui » écrivait saint Paul (I. Cor., V. 17). Aucun sacrifice ne répugne à la volonté qui aime, aucun obstacle ne l'arrête dans sa marche impétueuse ; nulle force humaine ne saurait disjoindre les âmes que la g-lu de l'amour a unies [Anima Jonathse conglutinataest animse David. Lib. I. Reg. xviii. 1).
« Qui donc nous séparera de la charité de Jésus- Christ, s'écriait saint Paul, la tribulation, l'angoisse, la faim, la nudité ? Le péril, la persécution, le glaive ?... Mais nous triomphons de tout cela par celui qui nous a aimés. Oui, je suis certain que ni la vie, ni la mort, ni les anges, ni les principautés, ni les vertus, ni le présent, ni l'avenir, ni la violence, ni
l'élévation, ni l'abaissement, ni quelque créature que ce soit, ne pourra nous séparer de la charité de Dieu, qui est en Jésus-Christ notre Seigneur (Rom. VII, 35, 37 et ss.). »
Ainsi parle, ainsi agit la charité. D'ailleurs, cette divine charité n'est pas un don réservé à une élite d'hommes ; le christianisme ignore ces privilèges et ces exclusions. La charité est pour tous, et cette fille du ciel vient habiter dans tous les cœurs qui s'ouvrent pour la recevoir. Aimer Dieu n'est pas l'effort d'une vertu sublime, c'est le devoir de tout chrétien. En dehors de l'amour de Dieu, il n'y a plus qu'un christianisme apparent, dont l'âme s'est retirée.
Pour qui prie et médite, la charité est facile, La nature incline le cœur de l'homme à l'amour ; mais que de fois il se trompe dans le choix de son objet ! Ici encore la révélation et la grâce préserveront ceux qui sont dociles à leur voix d'écarts toujours désastreux, souvent éternels. Pourquoi, au lieu de se contenter bas-