CHAPITRE XIII. — LA CHARITÉ
« Celui qui aime son frère demeure dans la lu- . mière, et il n'y a pas de scandale en lui. Mais celui qui hait son frère est plongé dans les ténèbres ; il marche dans les ténèbres et ne sait où il va, parce qu'elles ont obscurci ses yeux (I, II, V. 10 et 11). » La charité est une, elle ne saurait se dédoubler et nous ne pouvons aimer notre prochain comme nous-mêmes, nous ne pouvons honorer en lui l'image de Dieu sans la respecter d'abord en nous et sans aimer l'archétype d'après lequel l'homme a été créé. Tout ce que nous faisons donc pour les autres, en tant qu'ils sont nos frères en Jésus- Christ, est une preuve que Dieu vit en nous, et la moindre des œuvres que cette intention anime, jusqu'au verre d'eau froide donné au nom de Dieu, revêt une dignité surnaturelle à laquelle n'atteignent jamais les actes issus d'un amour purement humain.
Tous les hommes ont des besoins spirituels et matériels à satisfaire, et la charité doit y
suffire, sous peine d'être incomplète et inférieure à sa mission. Elle soigne les corps par la main des sœurs de charité, elle soulage la misère par d'innombrables aumônes et par des institutions appropriées aux buts divers qu'elle poursuit, orphelinats, hôpitaux, maisons de retraite pour les vieillards, refuges pour les filles tombées. Mais avant tout les hommes ont besoin de vérité et de miséricorde, et la charité chrétienne est particulièrement magnifique sur ce terrain. Elle visite et console les prisonniers, elle enseigne les enfants, elle évangélise les pauvres, elle adoucit l'agonie des mourants.
Les prédicateurs et les catéchistes jettent à pleines mains la semence de vie dans le cœur des fidèles, et les ministres des sacrements sont jour et nuit à leur disposition.
Quant au missionnaire, il se réserve pour l'évangélisation des infidèles ; il se condamne volontairement à vivre au milieu de peuplades barbares comme les noirs de l'Australie, ou de na-