ESTHÉTIQUE DE LA FORGE
Nous avons une tendance à nous représenter Taction des forces comme un efTort, et à les personnifler. Nous nous intéressons à leur conservation; nous prenons parti dans leurs conflits, celle qui nous est le plus antipathique étant toujours la force de la pesanteur. La simple puissance physique éveille en nous un sentiment d'admiration, qui peut aller jusqu'au sublime.
La notion de force nous vient évidemment de TefTort musculaire. Si la force n*est métaphysiquement que la cause inconnue du mouvement ; si géométriquement elle ne se mesure que par Taccéléralion communiquée à une masse donnée, il nous est impossible, dans la pratique, de ne pas nous la repre'senter comme un effort. Je tiens dans ma main la main d'une autre personne, et fais effort pour l'attirer à moi : elle m'oppose une résistance ; et cette résistance, je ne puis l'imaginer que comme un effort de rétraction, égal et opposé à mon effort de traction. — L'apparence sera la même quand j'aurai affaire à un objet inanimé. Si je le pousse, je me figure qu'il m'oppose une force d'inertie, c'està-dire un effort pour se fixer au sol, pour s'y cramponner; si ie le soulève, il me semble qu'il fait effort pour retomber. Une des impressions les plus curieuses que nous puissions éprouver à ce point de vue est celle que nous donne l'atlrac-