‹ L'esthétique du mouvementChapitre 3 sur 50 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Il est clair que les mouvements qu'exécute un animal sont

déterminés avant tout par sa structure organique : chacun de mes membres, selon la disposition des os qui le soutiennent et des muscles qui le déplacent, ne pourra exécuter qu'une certaine catégorie de mouvements, et chaque animal, selon son espèce, sera voué à certaines attitudes, à certains gestes,, à certaines allures. Quiconque s'occupe du mouvement des êtres organisés, tant au point de vue artistique qu'au point de vue scientifique, doit donc commencer par étudier le jeu intérieur de la machine animale.

Mais l'anatomie nous indique seulement quel est le champ de notre activité, c'est-à-dire quelles sont les diverses espèces de mouvements que nous pouvons exécuter. Elle ne suffit pas à nous expliquer le jeu de la vie : car un être qui sent, qui pense, qui veut, n'obéit pas à un simple déterminisme mécanique. Etant données les diverses attractions auxquelles une planète est soumise, un astronome pourra calculer d'avance la trajectoire avec une exactitude absolue. Quand on se rend

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compte de la manière dont une montre est construite, on voit immédiatement comment elle doit marcher. Un mécanicien n'aura qu'à démonter un automate pour dire quel genre de mouvements il doit accomplir. Pour l'animal il n'en est plus de môme : ici le déterminisme mécanique se complique d'un déterminisme psychologique, qui est peutêtre aussi rigoureux que l'autre, mais à coup sûr beaucoup plus délicat, et d'un autre ordre. C'est de celui-là que nous nous occuperons surtout. Pour les détails de la structure animale, et les applications que l'on peut faire de l'anatomie aux beaux-arts, je suis obligé de renvoyer le lecteur aux écrivains spéciaux, n'ayant moi-même rien de mieux à faire, sur de pareilles questions, que de me mettre à leur école.

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