INTRODUCTION- XIII
l'expression dans l'unité du sentiment — qui marque certains siècles. C'est que, en effet, jamais l'artiste ne se sent plus puissant et plus inspiré que quand il se trouve en communauté d'impressions avec la société où il vit, et jamais l'art n'est plus grand que quand il s'attaque aux idées et aux sentiments qui pénètrent et dominent une société tout entière.
Or, ce fait de l'universalité de l'art et du sentiment artistique, à. un certain moment de leur évolution intellectuelle chez la plupart des peuples, est un fait capital dans l'histoire des manifestations de l'intelligence humaine. Les Egyptiens, les Assyriens, les Grecs, les Chinois, les Japonais, etc., ont tous eu un art spontané, sorti des entrailles mêmes, de la nation, et qui semble avoir été à peu près également compris et goûté par tous les hommes de même race. C'est ce que l'on retrouve dans la France du moyen âge, aux douzième et treizième siècles et chez les Italiens de la Renaissance.
Un tel fait, si concordant chez un si grand nombre de peuples de races différentes, ne peut être mis sur le compte du hasard. Le hasard est une explication trop commode, qui a d'ailleurs l'inconvénient de ne rien expliquer. Le hasard n'est pas même une hypothèse, c'est le néant. Il n'y a pas de hasard dans l'histoire. Tous les faits, petits ou grands, se tiennent par une chaîne continue , dont les anneaux peuvent nous échapper, mais qui n'en existent pas moins pour cela.
L'art, considéré au point de vue psychologique, n'est autre chose que l'expression spontanée de cer-