NATURES MORTES
Largeur >liauteur Haut. Larg.
La méthode qui consiste à observer Tusage ne saurait être particulière à Fechner : les historiens ou critiques d'art la pratiquent naturellement. Toute la différence est dans le caractère méthodique et la simplification.
On ne peut donc citer comme des applications des procédés expérimentaux les multiples monographies qui ont plus ou moins
traie = 6 (5 des nombres sont plus petits et 5 plus grands) ; la valeur normale = 5,5 environ (fréquence égale de 5 et de 6; rareté des nombres plus petits que 4 et plus
grands que 7).
l'estuétioue expéiume.ntale
II. — Moyennes ou valeurs principales des dimensions des tableaux.
SEiNS DES DIMENSIONS
Nombre des tableaux. .
Moyenne arithmétique,
Valeur centrale
Valeur normale
Nombre des tableaux. .
Moyenne arithmétique,
Valeur centrale
Valeur normale
Nombre des tableaux. .
Moyenne arithmétique
Valeur centrale
Valeur normale
Nombre des tableaux. .
Moyenne arithmétique Valeur centrale
Nombre des tableaux. .
Moyenne arilhmétique, Valeur centrale
Haut.>larg.
Haut. Larg.
Combinaison Haut. Larg.
implicitement adopté ce point de vue. Notons cependant les recherches récentes sur l'art des peuples primitifs. Il est inutile de faire remarquer que la principale difficulté consiste ici à distinguer ce qui revient aux pures proportions des formes, par exemple à rinfluence d'un plaisir primordial de la symétrie, et ce qu'on doit attribuer aux nécessités de la construction dans les habitations, les armes ou les objets tressés, ou à l'imitation d'objets réels, par exemple d'animaux totémiques progressivement « stylisés », ou, comme dit Haddon, « dégradés » ('). L'objet de la méthode va donc se compliquant peu à peu à mesure qu'il est plus concret, et la mensuration exacte y suffit de moins en moins; des équiva-
(') Voir surtout Holmes (195); Haddon (84 et s.); March (441 et s.) ; Grosse [b, chap. V-VII) ; Puffer, 470 et s. Dans ce dernier travail surtout, la précision des chifTres jure avec le caractère conjectural des résultats.
LES TROIS MÉTflOI>ES 6.1
lences de faclours liélérogènes se substituent aux formes géométriques ou mécaniques de la symétrie, ou même de la section d'or, si toutefois on peut reconnaître avec sûreté dans ce domaine un rapport aussi complexe.
La méthode d'observation de Tusage a été très diversement jugée par les adeptes de l'esthétique expérimentale. Ceux qui tendent à en élargir le domaine du côté des faits concrets, et qui estiment, non sans raison, que « les recherches de laboratoire proprement dites ne constituent qu'une petite partie de l'esthétique expérimentale », pensent que « les arts décoratifs lui présenteraient toutes sortes d'objets intéressants : ...on trouverait dans les étoffes, les papiers, etc., des combinaisons très variées de formes et de couleurs, k la création desquelles on est autorisé ii croire que les raisons esthétiques ont exclusivement présidé;... il y a là un domaine très vaste et à peu près inconnu, qu' « il conviendrait de mettre en valeur » (Larguier des Bancels, 153, 190).
Au contraire, ceux qui préfèrent maintenir la rigueur et l'objectivité <ie la méthode, même au prix de quelque étroitesse, se défient de ce procédé appliqué, à cause des nombreuses associalions et combinaisons de toutes sortes que les objets usuels impliquent, et de l'arbitraire avec lequel l'expérimentateur met des limites à la complexité des objets qu'il choisit ou qu'il exclut. On ne saurait donc, dit Witmer (122), fixer par cette méthode un *< rapport normal ». Tout au plus, après qu'un tel rapport aura été déterminé par une autre méthode, peut-on espérer que l'étude des objets usuels permettra d'mtéressantes conclusions sur l'influence des facteurs accessoires dans les .déviations observées. Ce procédé n'aurait ù ce compte qu'une portée secondaire et indirecte. Il aurait peut-être, dit Cohn {a, 563), un très grand intérêt pour l'esthétique sociologique, et c'est pourquoi l'ethnologiste Grosse (a, 400) l'appelle « la meilleure des trois méthodes » ; mais c'est une méthode statistique, qui n'a rien ni de psychologique, ni d'expérimental.
Un juste milieu entre ces deux extrêmes semble mieux représenter les tendances définitives de l'école contemporaine. La métliode appliquée est comme une synthèse des deux autres; une combinaison de l'activité du constructeur ou de l'artiste créateur, avec la passivité du choix du public, dont les préférences viennent d'elles-mêmes sanctionner la valeur des créations et éliminer celles qui pourraient ne pas convenir au consommateur après avpir séduit tout d'abord leur auteur. Un objet usuel de
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valeur esthétique est donc astreint à la double condition de satisfaire aux deux premières méthodes; la troisième présente par suite comme leur synthèse.
D'autre part, elle réalise une transition heureuse entre les simplifications extrêmes de Texpérimentalion « pure » et les faits concrets de la vie esthétique. Elle est dans Testhétique expérimentale ce qu'est pour le médecin l'observation clinique d'une maladie microbienne, par rapport à la culture d'une bactérie in vilro. Une science concrète ne peut prétendre exclure de parti pris aucune méthode appliquée. Au savant incombe seulement la critique des résultats, et ce n'est pas la partie la moins importante de sa tâche.