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LES TROIS MÉTHODES DE L'EXPÉRIMENTATION ESTHÉTIQUE

Fechner s'est proposé d'instituer les principes d'une science exacte de l'esthétique. Il n'espère point aller jamais, dans l'exac- Lilude des résullats, aussi loin que l'astronomie, la physique ou la chimie. Mais des sciences incontestées comme la physiologie ne sont-elles pas, elles aussi, impuissantes à isoler les condiliohs des faits qu'elles étudient ? Il se flatle, en revanche, d'avoir indiqué les méthodes qui permettront d'aller le plus loin qu'il est possible dans cette voie nouvelle (Z., 556). Nous verrons que le développement postérieur de l'école n'a pas jusqu'ici démenti cette prétention de son fondateur : ses trois méthodes expérimentales n'ont jamais été ni dépassées, ni sérieusement modifiées. Il semble que l'on ne peut que les nier brutalement ou les accepter passivement.

L'esthétique expérimentale est une branche de la psychophysique externe, c'est-à-dire une étude des rapports des phénomènes psychologiques avec les phénomènes physiques, par exemple de la sensation avec l'excitation, en négligeant les phénomènes physiologiques interposés, et dont les relations avec l'âme seraieht l'objet de la psychophysique interne (Z, 557; V., II, 47-8; XIII, 167;:voir b, t..1, 10; Foucault, 45 140).

L'esthétique expérimentale n'est que l'application particulière de la psychophysique au plaisir et à la douleur. Une telle étude ne saurait se proposer, même comme un but très éloigné, les objets fondamentaux de l'esthélique; mais seulement ses éléments. Encore incomplète et insuffisante, elle contient le germe d'un développement fructueux. On ne peut exiger davantage d'une science qui débute (Z., 557).

D'autre part, il ne faut pas s'exagérer l'utilité pratique de telles recherches : c'est le sentiment de l'artiste qui, dans l'application, doit rester pour chaque cas le guide le plus sûr. En revanche, elles sont de grande utilité, de l'avis de Fechner, pour contrôler

bien des manières de voir, des opinions ou des théories esthétiques. Et sans doute l'art industriel pourrait même en tirer quelque avantage pratique. Enfin elles peuvent s'appliquer directement à éprouver le goût des individus, et à dresser des statistiques esthéliques, comme celle qu'entreprit Fechner au sujet de la Madonne d'Holbein (V., XIV, 189).

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