‹ L'Esthétique Expérimentale de FechnerChapitre 22 sur 38 · L'UNITÉ DES LOIS ESTHÉTIQUES · texte numérisé non relu

L'UNITÉ DES LOIS ESTHÉTIQUES

Le principe universel de la sensibilité.

10 Le principe du moindre effort et la « tendance à la stabilité ».

Les principes formels supérieurs et inférieurs sont mulliples et difficilement réductibles; les principes dérivés du plaisir matériel et direct sont plus nombreux encore; et si la loi de l'association a pu sembler unique, c'est grâce à sa confusion bien plutôt qu'à une simplicité réelle.

Cette mulliplicité n'est pas salisfaisante. Il serait évidemment préférable de ramener toutes les lois du plaisir à une seule.

Le principe de l'unité du multiple nous permettrait-il une telle réduction ? Celte loi importante a souvent été présentée comme la base de toute l'esthétique. Mais elle n'est pas universelle. Elle n’explique pas, par exemple, pourquoi le plaisir de la résolution d'une dissonance ne persiste pas quand on intervertit les accords ; pourquoi on s’habitue à la laideur et on se lasse des plus belles choses; pourquoi il ÿ a en tout un excès où un défaut qui nous déplait. Celle loi n'est donc qu'un principe particulier parmi les autres.

Admettra-t-on plutôt la conception d'Herbart, reprise par Zimmermann ? Selon celte hypothèse, c'est, au point de vue quantitatif, la représentation là plus forte qui plait, et la plus faible qui déplait; au point de vue qualitatif, c'est la prédominance de l'identité parmi les éléments formels qui est agréable, et la prédominance de l’opposilion qui cause la douleur.

Ce principe est arbitraire : pour ne parler que de la quantité, Burke n'a-t-il pas pu prétendre que la petitesse bien plus que la grandeur est la condition de la beauté ? Et n'est-ce pas dans un juste milieu qu'on la trouverait encore plus sûrement ? (V., UT, 42-4). D'ailleurs le problème du fondement du plaisir el

de la douleur ne peut se poser exclusivement dans le domaine

Page 1