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LE PRINCIPE UNIVERSEL DE LA SENSIBILITÉ

psychologique de la représentation. La seule application précise qu'Herbart ait pu faire de son principe, c'est l'analyse des concepts de dissonance et de consonance musicales, Or, depuis Helmholtz, ses disciples ont dù, comme Zimmermann, abandonner complètement son point de vue, même dans ce domaine. C’est que le vrai problème du fondement des faits affectifs est un problème psychophysique.

Le principe de l'économie des moyens ou du moindre effort est peut-être plus satisfaisant (Princip der ükonomischen Verwendung der Mittel oder des kleinsten Xraflmasses). Il s'applique subjectivement à l'économie de nos propres forces, ou, objectivement et par association, à l'économie des forces qui agissent sur nous; celleci nous plait indirectement, par un retour sur le plaisir que nous sentons à produire de nous-même beaucoup avec peu de force.

Ce principe semble d'autant plus important qu'il joue un rôle considérable dans le monde entier. La beauté esthétique dans la nature, a-t-0on dit, s'identifie avec la santé physiologique. Dans ce domaine, les deux notions coïncident, et ce qui donne l'impression du beau est toujours produit par la plus petite dépense possible de force musculaire : facilité, absence de contrainte ou liberté (V., XLIIT, 263-4).

Mais peut-êlre serait-il exagéré de faire de cette loi le principe fondamental de tous les plaisirs ou déplaisirs, et par là de toute l'esthétique. En effet, dans l'état actuel de nos connaissances, rien n’est si confus que celte idée appliquée au plaisir. On dit que le principe de tout agrément consiste dans une augmentation de notre force, une élévation de notre processus vital, une impulsion au développement de notre essence; le fondement de la douleur serait l’état contraire. Mais cette explication, ou n’est pas fondée, ou n’est pas claire, La psychophysique (b, If, 442) à montré que les processus de l'activité consciente sont ralentis par l'approche du sommeil : or nul déplaisir ne s'ensuit. Une grande douleur nous surexcite au paroxysme : pourquoi ne voit-on pas là une augmentation de l'activité vitale (")? On parle du développement de notre essence. Mais comment définira-t-on ces deux concepts? Et quand on le pourrait, la solution du problème seraitelle rigoureuse, et exempte de cercle vicieux ?

{‘) Le problème de la dynamogénie des représentalions a élé renouvelé par la psychologie récente (Voir Ch. Féré, Sensalion el mouvement, 1887;.— La méfiance exprimée ici par Fechner est une critique avant la lellre des solutions actuellement prédominanles.

Fechner reprend ici les propositions fondamentales de la psychophysique. Il ineline à croire, — car en pareille matière 1l estime qu'on ne peut guère parler encore d'autre chose que de croyance, — que les rapports quantitatifs du processus psychophysique (!) tiennent sous leur dépendance des rapports du processus psychique correspondant, qui ne sont eux aussi dans le principe que quantitatifs. Il croit en outre que le plaisir et le déplaisir, en tant que déterminations qualilatives, doivent être considérés comme dépendants d’une forme ou d'un rapport formel de ce processus, que sans le connaître encore nous pouvons décrire comme un accord interne ou une harmonie, pour le faire entrer dans nos facons usuelles de concevoir.

Ainsi la musique ne plait ni par la grandeur ui par la petitesse, par la croissance ni par la décroissance de la force du processus vibratoire quiestsa condilion externe et, par supposilion, interne ; mais par une relation de concordance et de retour périodique entre les moments de ce processus, laquelle constitue son harmonie. Ce dernier concept n'a pourtant usuellement rien de quantitalif, et Fechner pense que celte signification usuelle en est aussi, sous ce rapport, la signification correcte. Cela n'empêche pas des relations quantitatives d'entrer ici en jeu (V., XLIII, 266-7).

La détermination d'un principe général du plaisir et du déplaisir serait capitale pour donner à loule l'esthétique un fondement psychophysique. Mais cet objet n'est pas et ne peut pas être encore abordé. Tout au plus peut-on présenter quelques vues sur ces rapports formels qui fondent le plaisir et la douleur, en les raltachant au principe de la tendance à la stabilité (Princip der Tendenz zur Slabilität)}. Fechner ne formule que par acquit de concience cette extrême généralisation, peu conforme à son esprit scientifique d'expérimentateur. Il ne fait d'ailleurs que rappeler à ce propos les hypothèses qu'il a développées dans un écrit accessoire (/b., 268 ; Voir h).

On peut appeler « stable » Lout élat de mouvement quienferme en lui-même les conditions de sa reproduction, de (elle sorte qu'en l'absence de tout empèchement il se reproduit réellement par périodes, le retour au premier élal élant aussi le retour aux condilions d'une nouvelle reproduction. Or l'ensemble des processus qui existent dans le monde semble tendre vers une telle stabilité, Toutes les formes de la finalité se subordonnent à cette tendance:

(‘) C'est-à-dire le processus physique avec lequel le processus psychique se trouve en rapport fonctionnel.

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