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L'UNITÉ DES LOIS ESTILÉTIQUES

les parties s'adaptant au tout, et le lout servant à l'entretien des parties, ces deux processus concourent à l'avènement d'un état stable. On peut donc concevoir que dans le domaine de la conscience le plaisir consiste à se rapprocher de l'état stable par delà certaines limites, et la douleur à s'en écarter; entre les deux, un état d'indifférence d'une certaine élendue maintient la conscience au-dessous du seuil affectif. La lendance à rechercher ou à fuir ces deux états d'harmonie où de disharmonie est solidaire de leur nature stable ou instable (V., XLIIT, 268-9).

L'idéal serait de dériver de ce principe général toutes les autres lois expérimentales. On aurait ainsi une Æsthélique psychophysique, peu conforme au sens acluel du mot « esthélique » et aussi aux besoins actuels, la science du beau laissant encore entièrement de côté le fondement physique interne des états ou des mouvements de notre âme. Fechner ne croit pas cet idéal réalisable avant longlemps. Son hypothèse générale est donc encore prémalurée ; il la eroit cependant recommandable (/b., 270-2).

20 La recherche de l'unité des lois esthétiques dans l'école contemporaine.

L'école expérimentale n'a pas manqué de se diviser dans celte recherche de l'unité des principes, qui dépasse précisément la portée de l'expérimentation positive, L'« empirio-criticisme » d'Avenarius, à qui Fechner emprunte son principe général, l'approuve en relour à peu près sans réserve, et même avec un dogmatisme beaucoup plus décidé.

Tous les principes de Fechner, dit Jäger, peuvent se ramener à un seul : « Est beau ce qui possède à la fois une forme telle, qu'il faut pour l'embrasser la moindre dépense de force possible, et un contenu si grand et si riche qu'il occupe la force entière dont dispose le sujet. » Le développement historique des arts est un progrès du simple au complexe, d'une unité peu serrée et peu riche à l'unité plus forte d'une multiplicité plus grande, L'évolution du goût dans l'individu est aussi un passage du plus facile au plus difficile. Avenarius à vu l'importance de ce principe dans l'esthélique; mais son tort est de négliger la distinction de la forme, qui s’y soumet, et de la matière, qui l'ignore,

Le principe de la moindre action, malgré sa valeur pour le physicien, est dans son application psychologique un postulat trop gratuit pour satisfaire lexpérimentateur. Aussi est il plus conforme à l’empirisme de reprendre, malgré Fechner, comme seule loi des plaisirs esthétiques, le principe de l'unité dans la variété.

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Gurney, sans doule par défiance envers l'interprétation ralionaliste qu'on en donne d'ordinaire, tend à rejeter, sinon l'usage, du moins l'abus de cette loi : il y voit « le trait caractéristique ou plutôt la définition de toute forme, et non pas spécialement de la forme belle: » En tout cas, malgré Helmholtz, « l'unité ainsi entrevue n'est pas une unité de loi ou de plan cachée dans une œuvre spéciale, mais une unilé générale dans la catégorie des phénomènes qui nous causent des émotions élevées, correspondant à l'unité persistante de notre propre moi » (488, 499).

Sully au contraire espère pouvoir ramener ce facteur, tout intellectuel en apparence, à des éléments sensoriels : ce sont essentiellement les mouvements de l'œil quand il suit les lignes; car ils sont l'origine primordiale de la perception des formes, même lorsque nous paraissons sentir celles-ci actuellement sans mouvoir nolre œil. Lolze, Helmholtz, Wundt et la plupart des psychologues anglais ont reconnu ce fait. Ainsi le mouvement horizontal de l'œil est le plus facile, parce qu'il n'agit que par un muscle; le mouvement verlical en exige deux, et l'oblique trois. Or, c'est une loi à la fois déductive et expérimentale que tout mouvement appréciable, facile et modéré, est accompagné de quelque plaisir. On peut donc dire que « la symétrie bilatérale tendrait à devenir, pour parler comme Kant, une sorte de forme a priori de l'inluition esthélique » (ce, 495-6; 511).

Les autres sortes de formes agréables dériveraient de celle-là : elles sont des espèces de ce genre. Car il y a trois sortes d'unité de la forme : la continuité, aisément perçue par nos mouvements ; la liaison des parties d'un ensemble à un centre (de là les « lois de principauté et de radiation » de Ruskin); enfin l'identité des rapports, comme ceux de direction et de grandeur : c'est-à-dire la similitude où la proportion. C'est dans ce groupe que rentrerait la section d'or, forme particulière de la symétrie. La reconnaissance d'un visage d'après un portrait en miniature par de très Jeunes enfants, — dès rois ans, par exemple, — montre l'importance et la spontanéilé de ce genre de perception (/b., 505; 51, note).

Mais Sully renonce à marquer les valeurs relatives de ces divers facteurs : & La psychologie n'est pas encore une science quantitalive; et l'esthétique doit se contenter d'énumérer les éléments, sans chercher à mesurer exactement leurs valeurs relatives » (76., 512, 51%). D'ailleurs les faits invoqués semblent assez éloignés d'une telle réduction. Sully avoue justement que «à raison du faible calibre des muscles oculaires, le plaisir et la fatigue qui S'y

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