L'UNITÉ DES LOIS ESTIHÉTIQUES
rapportent peuvent paraitre des qualités insignifiantes ». D'autre part, il reste absolument indécis sur l'origine directe ou indirecte des éléments sensoriels en question; où plutôt il combine perpétuellement les deux : l'expérience acquise de nos mouvements symétriques contribue par exemple au plaisir direct de la symétrie ; et « il est possible » que l'agrément de la section d’or vienne de l'habitude de faire de la forme humaine une règle de mesure (1b., 496; 511). Compromission fort grave pour la conception de lesthélique expérimentale, et que Fechner avait grand soin de rejieler.
L'école expérimentale reste donc en suspens entre deux hypothèses générales sur le plaisir esthétique : le principe mécanique de l'économie des forces, et le principe intellectualiste de l'unité du mulliple. Son développement historique semble tendre beaucoup plus à confondre loules ses lois qu’à les ramener à l'unité : ce qui est fort différent! On ne voit done nullement se dégager la victoire définilive de l'un des principes sur Lous les autres. Il est Juste d’ailleurs de reconnailre que celte tâche, qui dépasse le but actuel de l'esthétique expérimentale, ne saurait légitimement lui incomber.
Peut-être pourrait-on, en renonçant provisoirement aux mesures exactes de la psychophysique proprement dite, à l'étude quanlitative de la « dynamogénique » (Sorel, à, IE, 40), obtenir pourtant une certaine unité des principes esthétiques en les basant sur ce que nous savons — ou postulons — des lois générales du plaisir et de la douleur par la psycho-physiologie contemporaine. C'est ce que Marshall a pensé. Nous avons vu que le plaisir esthélique est, d’après lui, régi par des lois négalives et positives. Les premières consistent dans l'exclusion de la douleur, appelée laideur lorsqu'elle est permanente dans le souvenir; et celle-ci est soit un excès, soil un défaut de notre aclivité, suivant qu'elle est surmenée où au contraire opprimée.
Les « lois esthétiques posilives » ont pour unique objet « la production d’un champ de plaisir relativement permanent ». Elles se réduisent à trois : le plaisir se produit quand réapparaît dans notre conscience un contenu qui en à été longlemps absent, faute du stimulus approprié : c'est « le principe du contraste »; — « quand un contenu apparait après une inhibilion de son apparttion normale »; — « quand un contenu apparailavec une vivacité inaccoutumée, après son absence normale de la conscience » (h, 29).
La permanence du plaisir, c'est-à-dire « d'une activité hyper-
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normale dans un organe bien préparé », a pour conditions principales la grandeur du champ esthétique et sa variété. Une des lois les plus générales de l'esthétique est donc « le principe de la satisfaction d'une attente ». Au reste, l’auteur prétend ramener ou subordonner aux lois fondamentales de la production et de la conservation permanente du plaisir tous les principes proposés en tout temps par l'esthétique traditionnelle (b, 34, 37, 39; c, chap... VI; d, chap. V-VI).
On peut donc voir dans ces formules svstémaliques une tentative intéressante pour unifier les principes de l'école. Mais autant nous avons trouvé la physiologie de Grant Allen arbitraire et gratuite dans ses postulats, autant l'hédonique de Marshall est vague dans les lois psychologiques qu'elle formule. C'est le moindre des défauts communs à la plupart des systématisations de l'hédonisme.
Peut-être même la faule n'en est-elle pas seulement aux hédonistes, qui, dans leur empirisme accoulumé, ne savent pas êlre systématiques. Elle est à l'hédonisme lui-même, qui ne peut pas l'être, parce qu'il n'exprime qu'un fragment abstrait et insuffisant de la réalité esthétique.