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La valeur esthétique des rapports mesurables des formes n'est pas davantage une nouveauté : les écoles intellectualistes de tous les temps l'ont professée. Les Pythagoriciens déjà n'avaient-ils pas représenté confusément comme solidaires les valeurs magique, métaphysique, mathématique et esthétique des nombres, des sons et des formes? Mais c'est l'école dite formaliste ou réaliste d'Herbart qui fut sur ce point l'inspiratrice directe de Fechner. A la vérité, elle n'est jamais parvenue à constituer un système complet et qui se suffise par soi-même : les efforts impuissants de Zimmermann en sont la preuve. Mais elle a accumulé un certain nombre de faits physiques, physiologiques ou psychologiques; les riches observations de Zeising, par exemple, sont la source directe de la partie la plus intéressante de l'œuvre de Fechner. Lotze lui aussi en avait adopté les résultats, mais sans les développer (/b., 58-9).
Quant à l'association, l'idée d'en faire une loi fondamentale de l'esthétique a paru d'abord une innovation audacieuse. En l'exposant dès 1866, Fechner eut un certain succès auprès des profanes, mais «fit quelque peu fiasco » dans le public des philosophes. Son éditeur présenta ironiquement ce principe comme « une nouvelle divinité à introduire dans l'esthétique ! » (V., IX, 86-7).
En effet, ses prédécesseurs n'en avaient guère fait qu'un usage négalif : Kant n y pense, à propos de la « beauté adhérente », que pour l’exelure du concept plus fondamental de la « beauté pure »; Herbart n’en parle qu'avec dédain.
Toutefois, les Anglais Locke, Home, Sayers, et même quelques Allemands comme OErsted et surtout Lotze ( F., IX, 86-7, 119-120 ; voir Matagrin, 38), en avaient déjà fait un usage plus positif.
En revanche, c'est par sa méthode que Fechner est, sans conteste, le plus original. IL l'est par l'esprit systématique et par l'emploi de l'expérimentation exacte : en fait de méthode expérimentale, le véritable précurseur de Fechner comme esthéticien, c'est Fechner psychophysicien.
Mais il ne faut pas se faire d'illusions sur ce point : prise dans son ensemble, sa méthode n'est pas une. S'agit-il des rapports formels et mesurables? IT apporte dans cette étude la précision la plus mathématique et le souci de l'objectivité. Mais l'école d'Herbart avail déjà montré, à sa facon, les mêmes tendances. Kirchmann (/nlrod.) avait même hautement revendiqué en son nom, mais un peu trop platoniquement, la méthode expérimentale des sciences naturelles comme la seule par laquelle l'esthétique pût devenir une science, S'agit-il du principe du plaisir? Mais l «esthé-