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Le tableau endoscopique est des plus variables puisqu’il va de la gastrite aiguë la plus violente à la gastrite atrophique la plus accusée. Les gastrites aiguës sont les plus fréquentes (8 cas) et répondent aux cas cliniquement les plus accusés, tant au point de vue des douleurs que des vomissements. On observe un estomac hypertonique, intolérant à l’air, douloureux à l'insufflation, rouge cerise, avec une muqueusé parfois sale, presque sanieuse. Les plis sont turgescents, succulents. Ce tissu œdématié est souvent recouvert de dépôts pultacés. Les plis gonflés s’étalent, les sillons disparaissent, mais parfois, au lieu de s’étaler, les plis sont saillants, boudinés, parfois moniliformes. L'hypermyxie est fréquente. Une gastrite boutonneuse associée a été observée une fois. Dans les gastrites atténuées ou subaiguës (4 cas), l’hypertonie est moins forte, les dépôts pultacés plus discrets, l’œdème très atténué ou nul. Chez une malade, la gastrite était intense, mais uniquement œdémateuse, la muqueuse étant absolument normale à part cet accident. Les œdèmes étaient, il est vrai, très particuliers. Le sphincter antral présentait cette succulence, mais il existait, en outre, des boules d’œdème isolées de 20 millimètres environ de diamètre en amont du fer à cheval antral. Cliniquement, les brûlures précoces, le pyrosis, les vomissements étaient particulièrement accusés.
Il n’a été observé qu’un seul cas de gastrite atrophique avec une muqueuse basse et séintillante chez une femme travaillant depuis 12 ans dans l’industrie
du caoutchouc, mais ne souffrant que depuis 2 mois. Enfin chez une malade, présentant il est vrai un syndrome intestinal diarrhéique avec lipothymie, sans aucune douleur gastrique, l’estomac était normal. Chez tous les neuro-dyspeptiques, la gastrite était surtout antro-fundique basse. Dans un cas, la gastrite était uniquement antrale, ce qui est un fait rare sur l’ensemble des gastrites de toute nature et de
toute étiologie étudiées jusqu'à ce jour.
Les nerveux. — Chez les vomisseurs, les accidents rencontrés sont très variables : une muqueuse normale avec hypersécrétion ruisselante, une gastrite atrophique prononcée, avec hypertonieet hypermyxie : muqueuse lisse, terne, avec précapillaires visibles, un -œdème vermillon sans hypersécrétion chez une malade présentant en outre de la dysphagie.
Sur { cas de nausées isolées, l'estomac était normal 3 fois. Une nauséeuse anorexique présentait un estomac rouge cerise hypermyxique. Chez une vertigineuse sans troubles dyspeptiques, existait une gastrite pultacée antrale avec hypertonie. Trois malades
présentant lipothymies et céphalées avaient un estomac rigoureusement normal.
Les anémiques. — Ces malades, que l’anémie soit le caractère unique ou dominant, présentent des lésions anciennes et récentes associées. Dans r cas, anémie légère améliorée sur une gastrite atrophique
ancienne de couleur blanc-gris avec veinules visibles
et hypermyxie, des lésions plus jeunes subaiguës se traduisaient par un aspect craquelé de la petite courbure, des dépôts pultacés à ce niveau et des érosions de la face postérieure du fundus. Un autre anémique depuis 7 ans, était atteint d’une gastrite mamelonnée généralisée (lésion ancienne) avec des processus récents caractérisés par un œdème du fer à cheval antral et des érosions ponctiformes de la face postérieure. Dans 1 cas d’anémie récente légère on notait une gastrite œdémato -pultacée hypermyxique. Dans un cas de leucopénie permanente une gastrite atrophique généralisée se révélait par une muqueuse très amincie, miroitante, sans plaques nacrées, avec des veinules visibles. Enfin, dans un cas d’anémie qui: devait se terminer par la mort, il n'existait pas de gastrite atrophique, mais seulement de l’æœdème géné-
ralisé avec hypermyxie.
Intoxiqué sans accident. — Un sujet travaillant dans des conditions le soumettant à l’intoxication benzolique, mais ne souffrant en aucune façon, examiné à
titre de comparaison, présentait un estomac normal.
Analyse des gastrites. — Que représentent ces gastrites benzoliques dans le cadre général des gastrites ? Elles ne s’écartent en rien de types classiques d’observation banale. Elles n’apportent aucun symptôme nouveau et n’ont aucune allure spécifique. Ce sont des gastrites inflammatoires habituelles aiguës ou subaiguës, avec leur congestion, leur œdème, leurs
on =
dépôts pultacés, leur hypersécrétion, plus rarement leurs érosions. Deux faits méritent simplement d’être signalés : d’une part, l’intensité de l’œdème le plus souvent généralisé, intéressant particulièrement le fer à cheval antral, présentant, maïs dans un seul cas desformations isolées comme dans l’urticaire ; d’autre part, la rareté des ulcérations (aphtes, érosions). La gastrite boutonneuse n’a été observée qu une fois.
Les gastrites chroniques sont plus rares. La forme mamelonnée n’a été notée qu'en un cas. Quant aux gastrites atrophiques isolées ou associées à des poussées subaiguës récentes, elles ont été rencontrées le plus souvent mais pas exclusivement dans les formes anémiques. Ici, comme dans les anémies hypochromes ou hyperchromes, l'atrophie est susceptible de régression totale.
Des syndromes endoscopiques s'accordent en général aux syndromes cliniques en ce sens, qu’à peu près seuls les malades atteints de troubies digestifs ou neuro-digestifs ont présenté un syndrome gastroscopique lésionnel. Dans les accidents nerveux (céphalées, vertiges, syncopes isolées), l'estomac était généralement normal. [Il en était de même dans les états nauséeux. Quant aux vomisseurs, ils présentaient tantôt un estomac normal, tantôt un estomac œdématié, ce qui est à rapprocher du fait que, parmi les neuro-dyspeptiques, les vomisseurs présentaient des gastrites particulièrement violentes.
Conclusions.