DOM I'UMN^OIS PUISSANT
les mains duqiiol il fit profession lo if\ d'aont 1659, Age seulemenl do dix-scpl; ans. II alia cnsuilc eludier a Sairil-Bcnoil-sur-Koire, ou il mil, pour niailre Dorn Gabriel (ierbcron. II cprouva en ce leinps-Jami inal, que Von craignil A I, re I'epilepsie, rnais donl les crises n'allorcnl pas jusquc-la. Sa palionco fcit Ires grando en cello epreiive.
Ses eludes acbevees, Dom Francois Puissant passa par divers emplois, puis il fnl envoye a Saint-Michel de Tonrierre en qualilo d.e prienr (t), et la il manifcsla sa fermele en UK") me lemps quo sa sagesse a 1'egard du sous-prieur qui sc refusait a faire 1'oflicc de charilre. Le R. Pore, voyant cello obstinalion, dit an coupable : Mon Pore, puisqu'ainsi cst, jo vous depose de volre office de sous-prieur. Et apres qu'il cut fail chantre, il le relablit dans son office. Ayant ele decharge, Dom Francois Puissant vint comme sous-prieur a Beaulieu-les- Loches (2), d'ou il alia demeurer a Marmoutier sous le 1\. P. Dom Claude Martin. C'elait mi religieux fort regulier; il confessait et prechait avec fruit, bien que ses sermons ne fusserit ni fort soignes, ni debiles avec grace. II se ressentait encore des incommodites de sa jetmesse et il lui arrivait de faire des vents par la bouclie qui duraient un bon Miserere et qu'on ne pouvait entendre sans fremir. Malgre cela il ne se rendait jamais a 1'infirmerie et son seul soulagement consistait a prendre du vin d'absinlhe.
Dom Francois Puissant etait toujours pret a accepter ou a quitter les emplois qu'on lui donnait. Un jour que je m'entretenais de lui avec Dom Claude Martin, celui-ci me dit que c'etait le meilleur religieux de sa communaute : ce qui me surprit fort, car Marmoutier
h Saint-Augustin de Limoges le 18 mai i6/3. En 1660 il fut nomine prieur de Vendome; en i663 et 1666, 1690 et 169? de Saint-Allyre de Clermont; en 1669 et 1679 de Jumieges. II fut ensuite successivement Visiteur des provinces de Normandieen 1676, de France en 1678, de Chezal-Benoit en 1681. 11 fut choisi comme abbe de Saint-Augustin de Limoges en 1684, 1687 et 1696, et comme prieur de Saint- Jean-d'Angely en 1699 et 1702. II mourut dans ce dernier monastere le 10 septembre 1704 apres 61 ans de vie religieuse.
(i) Dom Francois Puissant gouverna ce monastere pendant deux triennaux de 1687 a 1698.
(a) Beaulieu-les-Loches, com. du canton de Loches, Indre-et-Loire. L'abbaye de la Trinite de Beaulieu fut fondee vers Tan 1007 par Foulques Nera, comte d'Anjou, qui y rec.ut la sepulture. Elle eut pour premier superieur Odon, abbe de Saint- Genou. Le monastere se main tint florissant jusqu'aux guerres avec les Anglais. Geux-ci le pillerent en i4ta et emmenerent en captivite 1'abbe Andre de Bernard, qui dut payer une forte rancon. Au commencement du XVT siecle,' Tabbaye tomba entre les mains des commendataires. L'un d'eux, Louis le Voyer d'Argenson, repara 1'eglise, conslruisit le logis abbatial et en i663 y introduisit la Congregation de Saint-Maur. Du monastere subsistent le logis abbatial et des bailments claustraux. De 1'eglise il reste une tour du XI siecle, le chceur et une partie du transept qui forment 1'eglise paroissiale actuelle. La nef est en ruines.
comptait alors des religieux eminents en vertu, mais par la suite je fus convaincu de la justesse de 1'affirmation. Ayant pris Dom Puissant comme confesseur, et lui decouvrant comme a mon pere spirituel quelques peines interieures dont je souffrais, il me confia qu ; etant jeune religieux, il avail, a 1'exemple de sainte Therese, fait le voeu d'accomplir ce qu'il reconnaitrait etre le plus parfait. II me dit aussi qu'il avait eprouve de grandes peines d'esprit dont il ne s'etait delivre que par la soumission a la volonte de Dieu. Ge religieux fut dans la suite envoye a Saint- Vincent du Mans, ou il mourut tres saintement le 26 decembre 1719 (i).
Du R. P. DOM JULIEN AUBREE
Dom Julien Aubree etait natif de Rennes ; il fit profession a Saint- Melaine le 16 fevrier 1684, age pour lors de vingt ans. Dieu lui avait donne un talent particulier pour bien enseigner les humanites aux enfants. Etant au monastere de Beaumont-en-Auge, les peres'et meres d'alentour lui envoyaient leurs enfants pour apprendre de lui le latin. II avait un grand soin de les former en meme temps a la piete. A lui seul il enseignait toutes les classes et il forma de tres bons ecoliers. Ce religieux avait une tres grande devotion a la sainte Vierge; ayant ete envoye par la suite dans 1'abbaye d'Evron, qui reconnait Notre- Dame comme sa patronne, il y devint infirme et predit 1'epoque de sa mort. Quelque temps avant, il fut trouver le R. Pere Prieur, le mena au vestiaire et lui montra les habits avec lesquels il devait etre enterre ; il le conduisit ensuite a 1'eglise et lui indiqua le lieu de sa sepulture, 1'avertissant qu'il mourrait le 27 d'avril. Comme le Superieur lui demandait quelle preuve il en avait, il repondit que toute sa vie il avait implore de la sainte Vierge la faveur de trepasser un samedi, que ses forces lui permettaient d'esperer de durer encore quelques jours; mais qu'il esperait finir le samedi de la semaine suivante. II mourut en effet ce jour-la, 1'an 1720, muni de tous les sacrements.
(i) Apres cette notice un litre seul indique que Dom Martene avait 1'intention de donner ici un resume de la vie de Dom Louis Tasche mort prieur de Marmoutier le 3 1 decembre 1719.