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L'Echo de Saumur

sendi, d'Auguste Comte, de Renouvier, de Guizot, de Mistral et de Pomairols, dut faire faire la grimace au directeur du Temps^ M. Hébrard, né, dit-on, à Toulouse. Il convient de flétrir ces habitudes détestables au nom de l'unité française mensongèrement invoquée.

Pendant vingt-cinq ans, face aux Métèques et aux Barbares qui campaient dans Paris, Lionel n'avait pas cessé de redire des maximes équivalentes aux déclarations de son héros, Vivien d'Ancezune :

Il ne m'appartient pas, le sang de mes artères :

J'en dois toute la sève à l'arbre héréditaire.

Vous n'êtes que poussière et que sable mouvants

Et vous tourbillonnez au caprice du vent,

0 nomades tribus...

Mais nous, chênes gaulois, qui nouons nos racines

Aux stables profondeurs du sol originel

Tous nos êtres changeants font un peuple éternel ^

Cette profession de patriote enraciné, doublée du sentiment de l'affront provençal à venger, comportait beaucoup moins de droits que de devoirs. Mais c'étaient des devoirs accomplis avec l'âme légère de la passion. Passion patriotique et passion guerrière, il faut aussi dire : passion de la vie militaire, avec

1. Fragment du Comte d'Orange publié par la Revue critique des idées et des livres du vivant de Lionel. — En mai 1915, la Revue critique avait eu, sur 30 collaborateurs : 11 tués, 8 blessés, 2 disparus au cours de la guerre. Nous avons dû ajouter, depuis, la perte particulièrement douloureuse, la perte irréparable du poète Jean-Marc Bernard, frappé à Carency d'une balle au front (1915). Le chiffre des morts s'est élevé à 23 h. la fin de la guerre (1919).

le goût profond des devoirs et des sacrifices qu'elle comporte. Dix jours après son arrivée au front, l'adjudant Lionel des Rieux avait fait brillamment ses preuves.

Un compagnon d'armes a écrit au docteur Grangier * :

Débarqués dans les environs de Lunéville, nous ne tardâmes pas à prendre contact avec l'ennemi, et tout de suite des Rieux eut roccasion de se distinguer. Son bataillon se trouvant dans un bois et ayant été repéré par des avions ennemis, aussitôt une grêle de mitraille s'abattit, commençant à mettre le désordre dans les rangs. Avec le plus grand sang-froid, notre brave ami rassembla sasection, et, pourmontrer qu'il n'y avait pas lieu de s'effrayer beaucoup, il sortit de sa sacoche son nécessaire à barbe et se mit à se raser, pendant que les 105 faisaient des ravages parmi nous. Dès lors, sa réputation fut faite ; nos hommes l'admirèrent et il eut toute leur confiance. Il sut en outre leur inspirer une adoration respectueuse, car il vivait comme eux, partageait leur repas, s'intéressait à leur conversation, les dirigeait et les conseillait comme un véritable père de famille.

Il lui arrivait de refuser un billet de logement pour coucher dans la paille avec ses soldats, voulant supporter les mêmes souffrances qu'eux. « Il avait conservé un tel chic que ses subordonnés ne l'appelaient jamais que Monsieur des Rieux et pourtant, il n'était qu'adjudant. »

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