Provençalisme naturel aux soldats du XV^ corps
UN SOLDAT DU XV® CORPS âS^S
du chef qui l'aimait et qui l'appréciait comme un des plus beaux et des plus braves de ses officiers. J'ai délégué à cet objet le capitaine N de mon état-major.
Après ce jugement porté de haut, voici le murmure des simples, tel qu'il montait autour du poète soldat. Son ordonnance, dans une lettre du H mars, nous rend sensible la touchante faveur obscure de ce chœur villageois :
Lorsqu'il passait dans les rues du village tous les habitants le regardés surtout en dernier temps avec sa nouvelle tenue tous disaient « Voilà le comte des Rieux qui passe, comme il est beau avec sa nouvelle tenue, » est les enfants venait lui touché la main, et il était content de voir qu'on l'aimé bien.
Dans une lettre du 17, Faren répète, en un beau français de Marseille, que « de partout où il a passer Ton l'aime bien. » Et lui-même récapitule avec émotion les hautes préoccupations militaires et nationales que son lieutenant lui a inspirées. Il regrette que des Rieux ne voie pas le triomphe définitif :
Vous dites dans votre lettre que mon lieutenant est complètement heureux là-haut, mais, lui qui avait fait la part dechacun, car tous les jours il prenait lacarteeï me disait : Tu voit^ petit, et bien ce morceau de terre, je le donnerai à un tel, ceux lui là à un autre, car il avail fait le partage de TEurope entre toutes les puissances el cela il ne le verra pas, lui qui a donné sa vie pour ça...
Et cependant le don a été fait de si grand cœun
d'une âme si prompte et si fîère ! Gelan'a pas échappé au souple esprit de Faren, qui dit dans la même lettre :
Vous me demandez si mon lieutenant était triste la veille de sa mort. Triste, mon lieutenant? Il ne Tétait jamais, et il ne le serait pas été ^ le jour où il devait conduire ces hommes à l'assaut. On aurait plus tôt cru en le voyant qu'il les menait à une fête. Et le plus mauvais des soldats était le meilleurs tellepcient il s'avait bien leur parler avec son sourrire.
Tel est le train de nos regrets. 11 pourrait s'allonger encore. En avons-nous le droit aujourd'hui ?
Il faut quitter le cimetière, dissoudre le triste convoi.
Le délégué du Général est remonté dans la forêt vers la tranchée de la bataille. Les hommes entrepris le même chemin. Les médecins et les infirmiers rallient l'ambulance, versles blessés du jour et les opérés de la veille. Ainsi se poursuit, lent, mais précis et constant, notre mouvement de retour vers le Nord et vers l'Est. Ainsi se reconquiert énergiquement notre France. Les vivants poussent à la tâche que les morts n'ont achevée que pour une part qui leur était assignée. C'est le « rétablissement stratégique » de Joffre, dont la musculature militaire de la patrie soutient et prolonge l'effort. Cet effort une fois couronné et son terme atteint, viendra le tour du