ON VAS
pas du tout souffert, nous affirmait-il. Nous étions tombé pour la première fois sur une de ces paralysies analgésiques des extrémités supérieures qui font le sujet de notre mémoire. »
Puis le malade disparaît, Morvan n’en entend plus parler: Les cas, se renouvelant cependant, forcent l'attention du praticien qui, dans la Gazette hebdomadaire de médecine et de chirurgie d'août 1883, publie sept nouvelles observations de la même maladie.
Désormais, on s'occupe de ce nouveau syndrome et bientôt Guelliot (de Reims) et Broca publient chacun une nouvelle observation (°). \ |
Le siège des lésions demeure imprécis. La première autopsie est réalisée par Gombault et Reboult. Ils constatent que la moelle épinière est légèrement altérée, mais ils ne peuvent tirer de conclusions fermes.
Une autre autopsie est faite, le 31 janvier 1890, par Joffroy et Achard (*) : celle d’une femme atteinte de cette « parésoanalgésie à panaris ». Ils trouvent une cavité nette dans la moelle, cavité qui, oo jusqu'au milieu de la région dorsale, remontait jusqu’à la partie inférieure du bulbe. La
cavité résultait de la destruction de la substance grise et des
cordons postérieurs.
La maladie de Morvan (ainsi appelée par d'Oger de Speville, en 1887) pouvait donc simuler LEE anatomo-pathologique de la syringomyélie.
Les communications se suivirent. Charcot, en 1890, faisait connaître, dans le Progrès médical, ses vues sur la maladie nouvelle.
En 1890 encore, Chipault publiait le cas d’un panaris analgésique avec fracture spontanée, mal perforant de la main et des troubles sensitifs d’allure spéciale : il établissait un parallèle avec la syringomyélie.
Prouif (de Morlaix) faisait connaître quelques « faits de
(1) Annales de dermatologie et syphiligraphie, 1888. (2) Archives de médecine expérimentale et d'anatomie ‘pathologique, 1890.
me | Mob TEE | maladie de Morvan », pendant qu’en Allemagne Bernhardt faisait à son tour une communication. | |
Gombault, Jeanselme, Calderone, Cabitz, Gougerot et Ruppe étudient les rapports de la maladie de Morvan et de la lèpre.
Bourneville nous la signale, concomitante avec une hémiplégie droite et une paralysie inférieure.
Augagneur fait connaître un cas avec localisation aux mem: : bres inférieurs. |
Gambier et Nathan publient une note sur un cas de maladie de Morvan avec amputation presque totale de l’avant-pied. Question reprise en 1921 par Coyon, Lhermitte et Larrouix qui étudient un cas de syringomyélie à forme mutilante «type maladie de Morvan ».
Ainsi le « panaris analgésique » de Morvan est devenu un syndrome relativement complexe dont il va être intéressant de connaître la physionomie selon les conceptions actuelles, et les rapports qu'il peut affecter avec d’autres maladies nerveuses.