ETUDE CLINIQUE
À la suite, le plus souvent, d’un traumatisme ou d’une brülure, apparaît un panaris qui, dès l'abord, semble bien un panaris banal. On y trouve les signes d'inflammation : rougeur, tumeur, chaleur et, la plupart du temps, de la douleur. Il guérit.
Mais d’autres panaris vont apparaître. La durée d'’intervalle dans leur apparition peut être remarquable; leur pluralité ne l’est pas moins. Morvan en signale 9 consécutifs; Debove également. Ils se sont produits, dans un cas de Morvan, à onze ans d'intervalle, à vingt ans, dans un cas de Proulf (de Morlaix), à neuf ans, dans un cas de Debove
Ces panaris successifs présentent un caractère important : ils s’accompagnent d’analgésie. La piqûre à l’épingle le révélait à Morvan : cette absence de la sensibilité douloureuse est détendue variable. Achard l’a vue s’étendre « aux deux membres ‘supérieurs et au cou, jusqu’au bord inférieur du maxillaire, sur le thorax, en avant comme en’arrière, sur le haut de l’abdomen jusqu'à une ligne horizontale passant un peu au-dessus de l’ombilic, enfin sur les membres inférieurs.
Les autres modes de la sensibilité sont, eux aussi, atteints.
La sensibilité {hermique, le plus souvent, est abolie et le malade est l’objet de profondes brûlures sans pouvoir annoncer une sensation de chaleur. La sensation de froid au membre malade est fréquente chez les malades observés par Morvan.
La sensibilité tactile, intacte dans la syringomyélie, ici, peut se montrer absente; le malade ne sent pas la plume promenée sur ses membres,
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Mais il n’y a pas là de règle générale. Certes l’anesthésie est totale, dans la maladie de Morvan : elle s'étend à la douleur, à la chaleur et au tact. Elle ne l’est pas partout. Morvan, lui-même, avait signalé cette dissociation dans deux de ses cas. [ écrivait : « Il y a analgésie, mais il n’y a pas anesthé sie. La sensibilité au contact est conservée partout, et le malade, les yeux bandés, indique avec précision le point où on le touche. »
La topographie de cette anesthésie est particulière : elle s’étend à un membre, à un segment de membre, en brassard, en gant : elle est radiculaire.
Ces troubles ne sont pas les seuls, et 1 panaris s'accompagne de désordres anatomiques en disproportion avec la petitesse de la lésion.
I y a parésie, quoique, fréquemment, on n'observe pas d’atrophie musculaire, ni de véritable faiblesse du membre. - Cette parésie n’est pas constante (Morvan).
Les troubles trophiques, souvent, sont très marqués.
L'épiderme se durcit, il se produit des durillons et, à un degré de plus, des maux perlorants. Les ongles deviennent cassants, ou tombent et ne repoussent plus. Des crevasses s’installent, des gerçures profondes qui, pouvant pénétrer jusqu’à la gaine des tendons, déterminent des synovites.
Du côté dés os, on voit pousser des exostoses (D'Oger de Spéville). Les o$ se nécrosent, s’éliminent, il y a tendance à l’autoamputation, ou bien ils se cassent et se relont avec des cals défectueux, fractures spontanées qui manifestent une fragilité anormale du squelette. La cyphoscoliose n’est pas rare, postérieure aux premiers accidents.
Des arthropathies se produisent : Morvan en a cité des cas et, après lui, de nombreux auteurs. On a vu des ankyloses digitales (Hoffmann).
Des troubles de la sudation s’observent : un malade d’Oger de Spéville suait abondamment au moindre effort.
La vue a été affectée dans un cas de Brianceau.
L'audition était abolie complètement, rapporte encore D'Oger de Spéville.