HISTORIQUE
Nous n'avons pas l’intention de retracer ici dans ses détails l'histoire du Luxembourg, depuis ses origines. Cet historique n'a pour objet que d'exposer dans ses grandes lignes le régime sous lequel a vécu le Luxembourg, au point de vue politique, au cours des siècles, en vue d'indiquer les bases sur lesquelles
s’appuient, d’une part, les revendications de l'étranger sur son
territoire et, d’autre part, les champions de son indépendance.
Aussi passerons-nous rapidement sur l’époque antérieure à 1815, réservant de plus longs développements aux événements et aux traités du xix° siècle.
1° Des origines à 1443
Le 12 avril 963, Sigefroid, comte d’Ardenne, descendant de Charlemagne et, par sa mère, petit neveu de Charles le Simple, acquiert de l’abbé Wicher de Saint-Maximin de Trêves, par un contrat d'échange, la propriété des restes du petit château fort de Lucilinburhue, jadis édifié par l’empereur Gallien sur la hauteur du Bock, au confluent de l’Alzette et de la Pétrusse. Il reconstruit un château qui devient le centre d’une ville et du pays environnant. Le Luxembourg est né.
Son importance territoriale s'accroît successivement jusqu’à atteindre, au cours du xiv° siècle, quatre fois sa superficie actuelle. Les comtes de Luxembourg sont ambitieux et puissants. Une fille de Sigefroid est impératrice d'Allemagne. Son fils et son petit-fils sont investis du duché de Bavière.
. En 1136, le comté passe à Henri IV, qui devient trois ans
plus tard, comte de Namur, inaugurant la maison Namur-Luxembourg. Henri VII ceint la couronne d'Allemagne et son fils Jean TAxougle celle de Bohème.
Charles IV, fils de Jean l’Aveugle, est empereur d'Allemagne et roi de. Bohême, Le 13 mars 1354, il érige le comté de Luxembourg en duché. Avec Winceslas II, commence en 1388 une période de divisions et de désordres, qui se termine par la conquête étrangère. Le 22 novembre 1443, les Bourguignons de Philippe le Bon s'emparent de la ville de Luxembourg et la livrent au pillage.
Pendant cette première période le Luxembourg a connu effectivement l'indépendance. Il ne se rattachait que par de faibles liens au Saint Empire Romain Germanique. Dès la fin du xt siècle, l’autorité impériale était devenue à peu près nulle. Les princes et les villes libres d’Empire étaient investis de la plupart des droits régaliens et traitaient LADpALonE en allié plutôt qu’en suzerain,
2° De 1443 à 1815
A cette période d'indépendance succède une ère de domination étrangère. En 1443, le Luxembourg est englobé dans le duché de Bourgogne, dont les souverains voulaient refaire à leur profit l’ancienne Lotharingie. Leur tentative échoue. Charles le Téméraire est défait à la bataille de Granson, où sombre la puissance des ducs de Bourgogne. Le mariage de sa fille Marie avec le futur empereur Maximilien fait passer le duché de Luxembourg dans le patrimoine des rois d'Espagne. Il est incorporé aux Pays-Bas, dont il va suivre les destinées, passant successivement à l’Autriche, à l’ Espagne, puis Ste à l'Autriche.
Malgré l’unité d'autorité réalisée par Charles-Quint, les Pays- Bas ne forment pas un royaume unitaire ; chaque Etat conserve , ses privilèges, ses lois, son autonomie même. Philippe II est roi d'Espagne, duc de Brabant, marquis d’Arlon, duc de Luxembourg, etc. Il n’est pas roi des Pays-Bas. « L'union sous le « même prince, écrit Paul Eyschen, était plus personnelle que U réelle. Chaque Etat avait gardé son individualité propre et une