‹ L'État Actuel de la Question du LuxembourgChapitre 3 sur 45 · SAUT · texte numérisé non relu

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« grande autonomie. Les citoyens d'une province étaient traités « comme aubains de l’autre; pour pouvoir atteindre une cer- « taine uniformité dans la législation, les ordonnances du prince « devaient être promulguées dans chaque Etat. » (1)

Sans doute, il y a bien à Bruxelles, une administration centrale qui gouverne au nom du prince, mais son action est très faible, Il existe même des Etats-Généraux composés de délégués des Etats provinciaux ; ils ont une compétence générale et notamment votent les subsides réclamés par l'Empereur. Mais les décisions de la majorité ne lient pas la minorité.

Les députés luxembourgeois s’y rendent quand bon leur semble et limitent à leur gré leur mandat. Ils n’accordent de subsides que dans l'intérêt exclusif du duché. A l’Assemblée de 1600, ils refusent d'entrer en séance et repoussent toute confusion avec les autres provinces. « Le duché de Luxembourg, « disent-ils, a toujours été et est encore aujourd’hui une prin-

« cipauté distincte, qui n’a rien de commun avec les autres « provinces des Pays-Bas et qui possède des privilèges parti- « culiers... Quand les archiducs auront fait droit à ces justes « réclamations (respecter les privilèges du duché et abroger les « taxes imposées sans droit) les trois Etats du pays, toujours « en protestant contre toute assimilation avec les autres pro- « vinces, et sous la réserve de leurs droits par une lettre de non « préjudice, prendront part aux délibérations des Etats Géné- « raux sur les objets d'intérêt commun (2). »

Le Luxembourg ne prend d’ailleurs aucune part à la révolte

des Pays-Bas contre Philippe Il.

La domination espagnole au Luxembourg est coupée par des occupations françaises. François I* s’en empare, pour peu de temps, du 1% au 9 septembre 1542, puis du 12 septembre 1543 au 45 juin 1544. Louis XIV le garde plus longtemps, du 4 juin 1684 au traité de Ryswick 1697.

Ces treize années sont pour le Luxembourg une période heureuse et féconde. Vauban fait de sa capitale la première place forte de l’Europe. L'administration civile réforme les innombrables abus engendrés par la domination espagnole. La sécu-

1. Paul Eyschen, Das Staatsrecht des Grossherzogtums Luxemburg, p.4. \ 2. Cité par Glassener, Le Grand-Duché du Luxembourg historique et pittoresque, p. 150.

rité renaît ; l'agriculture et le commerce se relèvent et le duché connaît le repos et l’aisance. La population, qui abhorrait l’Espagne, accepte l'autorité de la France. En mai 1687, Louis XIV visite la ville de Luxembourg ; il y est reçu avec enthousiasme et y séjourne une semaine.

Le traité de Ryswick restitue le Luxembourg à l'Espagne. Aux traités d’Utrecht et de Rastadt (1714-1715) les Habsbourg d'Autriche lui succèdent et ils gardent le duché jusqu’à la Révolution française.

De 1794 à 1815 le Luxembourg fut à nouveau incorporé à e France. Après un siège qui duré du 21 novembre 1794 7 juin 1795. les Rois s'emparèrent de la capitale. Et, L x octobre suivant (9 vendémiaire an IV) la Convention réunit le duché au territoire français, avec le reste des Pays-Bas Autrichiens, à la suite des discours de Merlin de Douai et de Lazare Carnot, qui démontrèrent l'importance stratégique de la possession de là citadelle.

Le Luxembourg prit le nom de département des Forèts, en raison des bois considérables qui couvrent ses hauteurs. Les maux d’une guerre prolongée avaient accablé la population. Les contre-révolutionnaires appuyés par l'Autriche excitèrent les habitants contre la France. Il se produisit quelques mouvements locaux sans grande importance.

Jusqu'au Consulat, deux questions principales agitèrent l'opinion et provoquèrent des résistances : la conscription militaire, intolérable à ces hommes jusque-là exempts de tout service armé, et la persécution religieuse contre le catholicisme, religion de l’ensemble de la population.

Mais si les déserteurs et insoumis furent d'abord assez nombreux pour faire craindre une nouvelle Vendée, dès l'An VII, le représentant Légier, ancien commissaire exécutif à Luxembourg, signalait à ses collègues des Cinq- -Cents, l’enrôlement. de onze cents volontaires luxenibourgeots. ‘

Quant à la question religieuse, elle fut apaisée par le Concordat auquel se raillia la majorité du Clergé.

Les préfets du département de Forêts sous le Consulat et l'Empire, le Comte Lacoste, puis le baron Jourdan‘déployèrent, avec le Conseil général, un zèle intelligent pour relever le Luxembourg de l’état déplorable où l'avait laissé l'anarchie du

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Directoire, au point de vue de la voierie, de l’agriculture, de l’industrie et de l'instruction.

Les routes furent refaites, le cadastre exécuté, les terres infertiles furent défrichées ou asséchées, les industries du fer et les tanneries, le commerce encouragés, l'instruction secondaire et l'assistance organisées.

Cette administration bienfaisante, qui sut pendant quatorze ans réparer les conséquences des guerres dont le Luxembourg avait été le théâtre et lui procurer le bien-être, assura à la France de vives sympathies,

3° De 1815 à 1914

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