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était la langue administrative, religieuse et commerciale, le français était la langue intellectuelle, du prétoire, du Parlement. « Il existe, écrit M. Ries (1), une culture luxembourgeoise « originale, ayant pour base, et cela depuis des siècles, la & civilisation française pour tout ce qui est du domaine de l'in- « telligence et de l’esthétique et, pour composants secondaires, « des influences allemandes et belges pour tout ce qui a trait a à la vie matérielle et sociale. »
Tandis quela Belgique ne paraît pas avoir exercé une influence décisive sur l’évolution de la civilisation luxembourgoise, le prestige de la culture française a imprimé sa marque sur elle. Un des hommes politiques les plus estimés du Luxembourg, M. Brincour, le proclamait devant la Chambre grandducale le 45 mai 4912 : a
« Selon moi, disait-il, la civilisation française fait presque & partie intégrante de la nôtre. Si notre nationalité a une trame « allemande, l’histoire y a tissé bien des fils essentiellement « français, entre autres ce beau sentiment d'égalité que nous « avons tous, la répugnance pour les tracasseries policières. « Tout notre droit administratif et privé, une grande partie de « notre droit public sont essentiellement français et nous avons « emprunté à la France une grande partie. de la façon dont « nous concevons la vie. »
Ces affinités permettent-elles de penser que le Luxembourg lierait volontiers ses destinées politiques à la France comme le croit M. Dontenville ?
Si l’on s'incline devant le droit des peuples à disposer d’euxmêmes, proclamé par le Conseil Suprême et appliqué par lui à de nombreux territoires contestés, il ne faut pas compter sur une incorporation du Grand-Duché à la France. L'erreur est de croire qu’elle serait conforme aux vœux de sa population. L'Alsace-Lorraine est une terre française. Habituée à vivre la vie politique commune avec la France, elle ne rêvait pas d’autonomie internationale, et n'avait d'autre aspiration que de rentrer dans le sein de la mère patrie. Tout autre est le sentiment du peuple luxembourgeois. Quelles que fussent ses attaches avec d’autres groupements politiques, le Luxembourg a tou-