‹ L'État de la Pupille dans le Syndrome de BasedowChapitre 11 sur 17 · LEE · texte numérisé non relu

LEE

cas de Béclère que nous avons déjà vu. Notthaîft signale que dans un cas d’obésité, la thyroïdine a donné lieu à tous les symptômes de Basedow, y compris le goître. Cavazzani a publié enfin un cas semblable.

. Le améliorations constatées à la suite de certaines thyroïdectomies et les échecs du traitement par l’opothérapie thyroïdienne apportèrent encore de nouveaux arguments à cette théorie de l'hyperthyroïdation.

L'anatomie pathologique elle-même, sembla apporter une nouvelle confirmation lorsque Soupault (1) montra, outre certaines lésions que l'on retrouve dans les autres affections du corps thyroïde, une augmentation du nombre des vésicules glandulaires avec diminution de la substance colloïde.

On chercha alors à isoler dans la glande thyroïde les sécrétions qui étaient exagérées. Dourdoufi pensa que la glande sécrétait une substance analogue à la cocaïine. Notkine (2) isola une substance : la thyroprotéide qui formerait la plus grande partie de la substance colloïde. Cette thyroprotéide toxique serait neutralisée par le véritable produit de la glande l’enzyme. Ainsi se produirait la thyreoïdine utile à l'organisme. Il y aurait alors myxædème lorsque la thyroprotéide serait produite en excès. Il y aurait myxœædème lorsqu'il y aurait production exagérée de l’'enzyme de Notkine, de la thyreo-antitoxine de Frankel, de liodothyrme de Baumann. Cette hyperthyroïdation pouvait d’ailleurs

(1) SouPAULT. Aer. neurol., 1897.

(2) NOTKINE. Semaine médicale, 1895.

ere

être d'origine diverse. On accusa, suivant les cas, les maladies aiguës, la syphilis, la tuberculose, le saturnisme, le diabète, les troubles hépatiques et même quelquefois des troubles dans la fonction des différentes glandes closes de l'organisme : ovaire, thymus, glande pituitaire, capsules surrénales, etc.

Les adversaires de cette théorie lui opposèrent certains échecs du traitement chirurgical et certains succès de la médication thyroïdienne.

De plus, en admettant l'exagération thyroïdienne, on devrait trouver de l’iode en excès dans le corps thyroïde. Or, Embden et Sudeck n’ont pas trouvé d'iode dans le corps thyroïde de deux basedowiens et Donath (1) n’a pu l'isoler dans l'urine des malades. Brissaud (2) objecta que chez le chien, l'ingestion de lobes thyroïdiens en quantité considérable ne provoque ni exophtalmie, ni tachycardie, ni goître. Nous avons vu que depuis cette objection, le goître exophtalmique à été reproduit chez l'animal et même chez l'homme. Il serait, paraît-il, difficile en admettant cette théorie, de concevoir une coexistence du goître et du myxædème,si l'une dérive d’un excès et l’autre d’un défaut de sécrétion thyroïdienne. Hallion (3) répondit à cette dernière objection que, comme le foie, la glande thyroïde sécrélait des substances diverses : l’une de ces substances, en défaut, provoquait le myxædème tandis que l’autre,

(1) Donark. Zeitschr. f. Klin. Med., 189, p. 169. (2) Brissaur. Congrès neurol. franç., 1895.

(3) HALLION. Arch. gén. de méd., nov. 1901.

en excès, donnait lieu au goître exophtalmique. 11 pourrait ainsi exister en même temps une hypothyroïdation myxœægène associée à une hypertrophie basedogène.

Dysthyroidalion. Pour Gautier (de Charolles) (1), au contraire, il ne s’agit pas d'hyperthyroïdation, mais de perversion thyroïdienne, de dysthyroïdation. À côté de l'iodothyrine normale, il existerait dans le corps thyroïde une 1odothyrine anormale déterminée par une lésion glandulaire ancienne ou récente. Ce produit toxique, mis en circulation dans le sang, se fixerait particulièrement sur la région bulbo-protubérantielle et pr'oduirait en même temps un trouble des échanges intraorganiques, cause de la fièvre, de l’amaigrissement et des troubles nutritifs variés. Les formes de Basedow à début brusque, ne seraient alors que l’aggravation sous une cause quelconque, émotive, traumatique, etc. d'un basedowisme latent.

Mais s'il y a dans le corps thyroïde un Corps toxique en excès, le liquide thyroïdien devrait être hypertoxique. Les expériences de Soupault et d'Hutchinson ont montré que le liquide thyroïdien des basedowiens était, au contraire, moins toxique que celui des individus normaux. C'est là un argument sérieux à opposer à cette nouvelle théorie.

Renault (de Lyon) et Joffroy envisagent un peu différamment cette dysthyroïdation. Pour Renault, la glande thyroïde serait le siège au niveau du centre des lobules

(1) Gautier (de Charolles), Âev. de Méd., 1900, p. 243.

NOR d’une néoformation folliculaire sécrélant une matière colloïide embryonnaire : la thyromucine, différente de celle des follicules normaux en ce qu'elle serait inutilisable. Ce retour à l'état fœtal pourrait être même précédé d’une hyperthyroïdation. Cette nouvelle interprétation serait en tous cas mieux en rapport avec les expériences d'Hutchinson et de Soupault, mais elle ne peut, elle non plus,s’appliquer à tous les cas de basedowisme.

THÉORIES MIXTES. — Brissaud et P. Marie (1) ont essayé de concilier les théories sympathique et hyperthyroïdienne qui, séparément, disaient-ils, ne pouvaient expliquer la symptomatologie basedowienne d’une façon satisfaisante. En effet, trouvant qu'il est difficile d'interpréter par l'hypersécrétion thyroïdienne les cas de Basedow à début brusque, et ceux où les symptômes sont frustes, ces auteurs pensèrent qu'il y avait à l'origine du fonctionnement anormal ou exagéré de la glande, un trouble du système nerveux, cause première du syndrôme.Dupuy (2) expliqua la continuation de cette excitation par l'hypersécrétion thyroïdienne, produisant ainsi un véritable cycle basedowien.

THÉORIES PARATHYROIDIENNES. — Récemment, a pris naissance une dernière théorie reposant sur la découverte, en 1880, par Sanstrom, des glandes thyroïdes.

Gley (3) étudia le rôle des parathyroïdes et montra que si jusqu'alors on admettait que le lapin supportait

(1) P. Marie. Soc, méd. des hôp., 23 février 1898.

(2) Dupuy. J'hèse de Lyon, 1898.

(3) Gzey. Archives de physiologie, 1892.

l'ablalion du corps thyroïde, c'est que, dans celte Opération, on respectait les parathyroïdes. On pouvait de même enlever les parathyroïdes à condition de respecter la glande thyroïde dans laquelle on constatait en même temps qu'une hypertrophie de la glande, une diminution de la substance colloïde et un abaissement du taux de l’iode. L'iodothyrine existait aussi bien dans les parathyroïdes que dans le corps thyroïde et c’est pourquoi l’opothérapie parathyroïdienne donnait les mêmes résultats que la médication thyroïdienne. Au contraire, l’ablation simultanée de la glande thyroïde el des parathyroïdes donne lieu à des phénomènes convulsifs suivis de mort.

Ainsi, le goître exophtalmique serait déterminé par une lésion primitive des parathyroïdes, lésion atteignant secondairement le corps thyroïde lui-même. Le système thyroïdien serait, par suite, incapable de neutraliser certaines toxines qui se localiseraient alors de préférence sur les centres sympathiques et médullaires pour produire l'accélération du cœur, la vaso-dilatation de fa tête et du cou, la dilatation de la pupille

Pour Moussu (1) au contraire, les fonctions parathyroïdiennes sont complètement distinctes des fonctions thyroïdiennes. Si les expériences de Gley semblent démontrer le contraire, c’est que ce physiologiste croyant enlever le corps thyroïde seul, prenait en même temps les parathyroïdes internes découvertes par Kohn (2) et

(1) Moussu. T'h. Paris, 1897. | S (2) Koan (de Prague), Archiv. f. maicrosk. Anat., XLIV, p. 366, 1895.

Page 1