‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 17 sur 46 · AURA · texte numérisé non relu

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Stockes). Tous ces signes ne se trouvent pas le plus souvent au complet. La néphrite azotémique se tra duit par un minimum de signes et il faut les rechercher avec soin. Toutes les combinaisons symptomatiques peuvent se voir au cours de cette néphrite. Le dosage de l’urée dans le sang, où le liquide céphalorachidien fournira la preuve certaine que l’intoxication uréique est responsable de tous les signes énumérés et qui ont été attribués le plus souvent par erreur à une défaillance cardiaque par myocardite diphtérique ou à une atteinte bulbaire. »

Joignant leur étude sur l'insuffisance rénale à leur travail sur l’insuflisance surrénale, les auteurs aboutissent à la conclusion suivante : « Nos observations démontrent que la sidération viscérale en cas de malignité diphtérique atteint deux organes avec électivité, le rein et la surrénale. La néphrite bloque le rein. L’azotémie qui en résulte est un des principaux témoins de l’intoxication. Les lésions surrénales produisent une inhibition de la fonction anti-toxique dévolue à ces glandes ; il en résulte une non destruction des poisons organiques et c’est là un autre facteur d'intoxication. Rein et surrénale jouent donc un rôle synergique. La lésion de ces deux organes crée une maladie générale tuant par intoxication. »

Dans un article paru deux ans plus tard dans le Progrès Médical et intitulé « Azotémie et Diphtérie » Chalier, rappelant son aphorisme, d’après lequel l’azotémie dépassant o gr. 90 à 1 gr. entraîne tou-

jours un pronostic fatal, trouve quelques rares excep-

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tions à cette règle, et après avoir écrit que « L’intoxication diphtérique mortelle est presque toujours un complexe du fait de l'atteinte polyviscérale : » affirme que : « Le facteur rénal joue dans ce complexe un rôle de premier plan. Sans nier le rôle de la myocardite, nous croyons que la sidération viscérale atteint deux organes avec électivité : le rein et la surrénale. Selon les cas, automatiquement et cliniquement, les perturbations d’origine rénale ou au contraire surré-— pale prennent la tête et c’est la raison pour laquelle il n'existe pas le plus souvent un syndrome absolument pur, exclusif de défaillance rénale. »

Nous avons cherché dans les derniers traités parus sur la diphtérie quelles étaient les conclusions deleurs auteurs, relativement au taux de l’urée sanguine. Aviragnet, Weill-Hallé, P.-L. Marie écrivent dans leur article « Diphtérie », Du Nouveau traité de médecine : & L'absence presque constante du syndrome urémique est également très caractéristique. La con-— servation de la perméabilité rénale dans la diphtérie mise en évidence par R. Labbé pourrait l'expliquer ».

Lereboullet et Boulanger-Pilet, dans leur manuel clinique et thérapeutique de la diphtérie ont écrit : « Personnellement, il ne nous semble pas que Pinsuffisance rénale soit ni si fréquente, ni si importante. Dans une étude récente sur la glycémie faite par M. Pierrot et portant sur 29 cas, les dosages d’urée sanguine (faits conjointement avec ceux du sucre sanguin) n’ont pas révélé une semblable fréquence d’azo-

témie. Dans 10 observations d’angines communes, le

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taux de l’azotémie s'est montré constamment normal. Sur 19 enfants atteints d’angine maligne, une seule fois, chez un sujet de 4 ans, mort de diphtérie à forme hémorragique, l’azotémie atteignait 1 gr. 15. Dans deux autres cas avec albuminurie massive; les chiffres de o gr. 60 et o gr. go sont notés, sans que lPévolution fut fatale. Dans toutes les autres diphtéries malignes, le taux de l’urée sanguine était sensiblement normal. Il en était de même aussi dans un cas avec albuminurie massive et dans plusieurs cas de diphtéries hypertoxiques mortelles. Sans doute le rein, joue un rôle dont témoigne l’albuminurie massive, mais il n’est, à notre avis, que rarement le principal facteur des accidents observés et de nouvelles recherches semblerit nécessaires avant d'admettre toutes les conclusions récentes de MM. Chalier et Brochier. »

Guillemot, à la séance de la Société de Pédiaterie de janvier 1930, à propos de la communication de Armand Delille et Mme Roudinesco signale avoir observé à Bretonneau, deux enfants atteints de diphtérie maligne, qui succombèrent et chez lesquels l’hyperazotémie fut considérable : l’un d’eux présenta de grosses lésions macroscopiques des reins.

Cassoute, Perrimond et Zuccoli, de Marseille, ont publié trois observations de rétentions azotées au cours de diphtéries malignes. Ces auteurs signalent l'extrême fréquence de l’augmentation du taux de l’urée sanguine au cours de la diphtérie maligne. Ils insistent sur le fait que jamais il n’a été constaté de signes cliniques annonçant l’urémie. Dans une des

P. Landowski 3

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