‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 22 sur 46 · TOO · texte numérisé non relu

TOO

Cholestérinémie et maladies infectieuses

Tous les auteurs qui ont étudié la cholestérinémie

au cours des maladies infectieuses, concluent à l’abaissement de son taux au moment de la période aiguë de l'affection, cet abaissement est suivi d’une réaction hypercholestérinémique au moment de la convalescence précédant le retour à la normale à la guérison. Chauffard et Guy Laroche signalent que dans les cas d'infection légère, le taux de la choles— térinémie est peu ou pas modifié ; ils citent le cas d’un érysipèle de la face abortif avec défervescence au quatrième jour, au cours duquel la cholestérine du sang est restée au taux normal de 1 gr. 6o ; il en est de même chez certains tuberculeux sub-fébriles ou apyrétiques, tandis que au contraire elle est abaissée chez les tuberculeux évolutifs en période fébrile.

Dans certains érysipèles plus graves que le précédent, dans la rougeole, il y a hypocholestérinémie. Au cours de la pneumonie, la courbe de la cholestérinémie est caractéristique. Pendant la période fébrile hypocholestérinémie, au moment de la défervescence, ré-ascension cholestérinémique, le taux dépasse la normale, puis revient s’y fixer au moment de la guérison. Dans l'infection Eberthienne « les dosages effectués sur 33 cas montrent que l’hypocholestérinémie et l’hypercholestérinémie se-

condaire de la convalescence sont deux phénomènes

! PL) Me habituels de la fièvre typhoïde. Cette hypercholestérinémie secondaire apparaît au moment où l’organisme s'immunise en même temps que se produit la défervescence ».

Les auteurs signalent que cette règle peut comporter des exceptions ; ils n’ont constaté qu'un seul cas de typhoïde grave dans laquelle le taux de la cholestérinémie resta sensiblement normal. Des constatations analogues ont été faites au cours de la scarlatine.

Enfin, dans les infections prolongées sub-aiguës, à évolution fatale, la courbe cholestérinémique reste au-dessous de la normale.

De très nombreux auteurs ont obtenu des résultats analogues. En effet, les modifications de la cholestérine au cours des infections furent étudiées en France par Mauriac et Defaye ; en Allemagne par Hugo Prirham, Barmeister et Henes ; Bauer et Skutsky en Autriche ; Obakevitch en Russie, Klinkert en Hollande. Enfin, Maranon et Varillas, au cours d’une épidémie de variole en Espagne apportent des documents qui confirment en tous points les études précédentes, faites sur la cholestérinémie et Pinfection.

En particulier, chez l'enfant, la cholestérinémie fut étudiée par Baranski, qui remarqua l’hypocholestérinémie de la phase aiguë des maladies infectieuses ; par Bayÿlacet Sendrail, par Mile Sylvestre. L'hypocholestérinémie de la période aiguë des maladies infec— tieuses fut trouvée par tous ces auteurs.

Rouzaud et Cabanis, étudiant la vaccination anti

typhoïdique constatent que : « chaque injection est immédiatement suivie d’une chuteen général proportionnelle à l'intensité de la réaction thermique et clinique, et suivie assez brusquement d’une ascension d'autant plus élevée que la chute a été plus profonde ». Cette réaction hypercholestérinémique est en rapport avec l’immunisation. Elle est en effet plus marquée pour les premières injections et devient nulle si lon continue des injections vaccinantes au delà des quan— tités habituelles.

Insuffisance surrénale et diphtérie.

La pathogénie des accidents toxiques de la diphté— rie maligne a depuis longtemps suscité de nom-— breuses controverses et l’on a successivement incriminé le rôle du cœur, du bulbe, du rein.

Enfin, l’on tend actuellement de plus en plus à faire jouer à l'insuffisance surrénale un rôle de premier plan. À l’appui de cette théorie, l’on peut invoquer des arguments d'ordre anatomopathologique, expérimental, clinique et thérapeutique.

Les lésions des surrénales découvertes pour la première fois en 1889 par Roux et Yersin sur des cobayes inoculés avec de la toxine diphtérique furent à nouveau constatées par Oppenheim et Loeper, Guillain et Guy Laroche.

Les lésions nécropsiques des surrénales de diphtériques furent décrites par Oppenheim en 1902, puis par Ribadeau-Dumas et Harvier. Lereboullet en rg921

be constala que 5 sur 20 des enfants morts de diphtérie maligne dans son service, présentaient des lésions hémorragiques nettes, péri et intra-capsulaires et plus récemment, il constata que la proportion restait la même.

Les arguments cliniques et thérapeutiques ne manquent pas : en 1909, Martin et Darré rapportent l’observation d’une diphtérie sévère dont les signes cliniques furent ceux de l’insuffisance surrénale aiguë et dont la guérison fut assurée par l’opothérapie surrénalienne.

En :912, le cas bien connu de Castaigne, fut également très démonstratif.

Meeus, Pierrot, Donato, dans leurs thèses faites aux « Enfants-Malades », sous la direction de Lereboullet, rapportent de nombreux cas de diphtéries malignes au cours desquelles les signes d’insuffisance surrénale constatés cliniquement furent confirmés par les heureux effets de la thérapeutique, par l'extrait surrénal chez les uns, et par des constatations nécropsiques chez ceux qui furent soignés trop

tardivement.

Cholestérinémie et Diphtérie.

Gavrila et Bérariu de Bucarest, après avoir étudié la ‘cholestérinémie au cours de la scarlatine, de l’érysipèle, de la pneumonie, des parotidites, de la fièvre typhoïde, ont examiné à ce point de vue, le sang de

P, Landowski 5

SO

12 diphtériques ; nous citons ici les conclusions auxquelles ils ont abouti :

« Dans la diphtérie, nous constatons également à la période fébrile de la maladie, dans la majorité des cas, une hypocholestérinémie, variant entre 1 gr. 20 et 1 gr. 5o. Dans 3 cas, la éholestérinémie oscille de 1 gr. 7 à 2 gr. En ce qui concerne la période de con-— valescence, dans 5 cas, le malade est passé de la période fébrile (avec hypocholestérinémie) à l’état normal, sans que l’hypercholestérinémie se soit produite. Dans les 4 autres cas, dans l’espace de 5-8 jours d’apyrexie, nous avons noté une hypercholestérinémie de 2 gr.-2 gr. 30, qui, dans la période de 10 15 jours d’apyrexie, descendit au-dessous de 2 gr. et dans un cas seulement, se maintint à 2 gr. 10.»

Lereboullet, David, Donato ont étudié les variations de la cholestérinémie au cours de la diphtérie et dans la thèse de Donato, nous lisons les résultats de leurs travaux et l'interprétation de 60 observations. Donato conclut que de façon générale, la cholestérinémie, au cours de la diphtérie, obéit aux mêmes lois qu’au cours des autres maladies infectieuses. Deux autres éléments se surajoutent pour donner un caractère particulier à cette hypocholestérinémie et permettre d’en ürer un élément de pronostic, ce sont l’importanceet la fréquence de l’insuffisance surrénale, au cours de la maladie de Bretonneau. Deux facteurs semblent commander l'allure des courbes de la cholestérinémie, ce sont l'intensité et la durée de intoxication. Accom-

pagnant l’hÿpocholestérinémie, l'hypoglycémie est

Page 1