‹ L'État Du Sang Dans La DiphtérieChapitre 29 sur 46 · ER · texte numérisé non relu

ER

diphtéries graves et malignes. Or, sauf pour un cas à évolution favorable dans lequel la glycémie est restée normale à 1 gr. 12, le taux du sucre sanguin était abaissé compris entre o gr. 59 et Oo gr. 79.

Pierrot, dans sa thèse, rapporte les résultats des dosages du sucre sanguin pratiqués, pendant l’année 1926, chez 30 petits malades du pavillon de la diphtérie aux Enfants Malades. Sur dix malades atteints d'angine diphtérique commune, il trouva huit fois la glycémie normale ; deux fois seulement elle était abaissée atteignant o gr. 75 et o gr. 70. Sur 19 cas de diphtéries malignes, 14 fois il remarqua l’hypoglycémie nette, entre o gr. 45 et o gr. 85 ; cinq fois la glycémie resta norinale.

Pierrot étudia également la glycémie au cours des paralysies diphtériques ; deux fois il trouva chez les enfants atteints de paralysie localisée tardive des taux de glycémie légèrement abaissés o gr. 85 et o gr. 80. Au cours d’une paralysie généralisée tardive, consécutive à une diphtérie maligne, il trouva une glycémie de 1 gr. 13. Comparativement, il a cherché le taux de la glycémie chez les enfants atteints de rougeole et il a trouvé des chiffres normaux. Au cours d’une scarlatine grave, au contraire, il a constaté une glycémie à o gr. 45. Nous citons ses conclusions : « Il ressort nettement de la comparaison de ces chiffres, que la proportion des glycémies normales et des hypoglycémies est inverse suivant qu'il s’agit de diphtéries communes ou malignes. Dans le premier type,

il y a hypoglycémie dans les 2/10 des observations.

er

Dans le deuxième type, diphtérie maligne, l’hypoglycémie est beaucoup plus fréquemment rencontrée, 14 fois sur 19 cas examinés. »

« Il serait possible de conclure, d'examens répétés, que le taux de la glycémie se relève progressivement au cours de l’évolution, quand celle-ci est favorable. »

« Il est frappant de constater que dans l’extrême majorité des cas, les chiffres d’hypoglycémie les plus nets sont rencontrés dans les diphtéries malignes, où se manifestent au maximum les signes généraux classiques de l’intoxication diphtérique : pâleur, hypotension, tachycardie et irrégularité du pouls, épigastralgie, tendance syncopale. Quand notre prise de sang a coïncidé exactement avec de telles manifestations, l'hypoglycémie accentuée n’a jamais fait défaut. Nous nous sommes donc logiquement demandé, s’il n'existait pas quelques relations entre l’hypoglycémie rencontrée et l’ensemble symptomatique de ce syndrome malin secondaire que nous constations. »

Passant en revue les différentes causes de troubles du métabolisme du sucre, Pierrot conclut que l'in suffisance surrénale est la cause de l’hypoglycémie constatée au cours des diphtéries malignes et ajoute aux arguments cliniques et biologiques un argument thérapeutique : l’opothérapie surrénale agit en même temps sur les phénomènes toxiques qu’elle améliore

et sur le taux de la glycémie qui se relève.

Résullats de nos recherches.

Page 1