‹ L'État économique de la Lituanie [microform]; extrait de Pro LituaniaChapitre 13 sur 14 · III. L’Industrik · texte numérisé non relu

III. L’Industrik

En Lituanie, l’industrie est naturellement beaucoup moins développée que l’agriculture, qui est le type dominant du pays. Suivant les dernières statistiques professionnelles, qui datent assurément de 1887, mais qui sont encore exactes aujourd’hui, il y avait dans chaque gouvernement qu’environ 10 0 de la population qui soit occupée à l’industrie.

C'est là le minimum de ce que peut posséder un pays moderne comme population industrielle. Il ne faut pas comprendre, dans cette expression de population industrielle, les ouvriers des fabriques et les propriétaires des fabriques, mais il faut y voir, dans la grande majorité, des artisans qui travaillent pour la population s’occupant d’agriculture et qui tirent d’elle leur subsistance ; cette population ne forme donc que le complément strictement nécessaire à la population agricole. Les ouvriers d’industrie, pris comme tels, ne forment en Lituanie qu’environ Y2 % de toute la population, contre 2 ’/« Y» Pologne, et bien davantage dans les autres Etats. Ce fait s’explique parce que la Lituanie manque des conditions nécessaires

à un développement industriel. La Lituanie était une partie de la Russie, pays dont l’industrie était encore à ses débuts. La Lituanie participa à tous les retards de la Russie et le développement de l’industrie y resta d’autant plus facilement à ses débuts que la Lituanie manquait des produits miniers les plus importants tels que le fer et le charbon. De môme que le marché russe était en général accaparé tout d’abord par les produits étrangers, c’était encore le cas en Lituanie. Lorsque les produits des pays étrangers industriellement très développés tels que l’Allemagne, la Suède et la Belgique ne suffisaient pas aux besoins de la Lituanie, qui d’ailleurs n’étaient pas très grands, l’industrie polonaise y pourvoyait. Les deux grands centres commerciaux de Varsovie et de Riga se trouvaient aux portes de la Lituanie, et ils envoyaient leurs produits, rivalisant entre eux, sur le marché lituanien.

Dans ces conditions, il était donc impossible qu'une industrie considérable pût se développer en Lituanie. Si elle existait, c’était pour transformer avant tout les produits agricoles du pays ; elle n’était donc qu’une industrie agricole accessoire. 11 ne faut cependant pas dire que la Lithuanie manque complètement de tous les produits minéraux. Il y a des gisements de chaux et de phosphates ; ce dernier est, à vrai dire, d’une qualité moyenne. 11 y a encore des gisements de gypse, à Birziai et à Joniskelis. En outre, il existe des gisements d’argile, importants et très abondants, qui peuvent servir à la fabrication de tuiles, de tuyaux de drainage et de poteries. On trouve aussi de très beaux gisements de pyrite et de tourbe, qui peuvent former les bases de multiples transformations industrielles et qui, en attendant, peuvent servir de combustible. On peut encore emplover la tourbe comme paille. L’industrie du verre trouve également en certains endroits des conditions de développement favorables L

La houille blanche qu’on n’utilise pas encore pourrait aussi servir à la création d’installations industrielles. Les rivières et les fleuves ayant la plupart du temps une forte pente, on pourrait, avec relativement peu de frais, produire de l énergie électrique qui serait dirigée, de là, sur tout le pays. Des millions de projets sur cette question dorment encore.

» (^f. K. von Riïmker, Bcvôlkeriiii"S-und Siedelungsfragen im Lande Ob. Osi. Berlin, 1918. p. 21.

f Une utilisation plus rationnelle des produits du pays, en

particulier du bois, du lin, de la laine, produits dont la transformation s’effectuait la plupart du temps à l’étranger, pourrait également procurer l’aisance et le pain quotidien à des milliers de personnes.

Il est difficile de donner le nombre des installations industrielles en Lituanie, tout d’abord parce que les frontières de ce pays ne sont pas encore précises, et ensuite parce qu'il est très délicat de définir l’idée d’installation industrielle. Le dernier recensement russe sur cette matière date de 1908 ; il e.xiste cependant encore des données provenant d’années postérieures, et notamment de Tannée 1912. Ces données s’appliquent principalement aux industries destinées à la transformation et à l’amélioration des étoffes, placées sous le contrôle de l’inspection des fabriques. Il en résulte que le nombre des fabriques s’élevait, en 1912, à 261 dans le gouvernement de Kaunas, 395 dans le gouvernement de Vilnius, fiofi dans celui de Gardinas et 104 dans celui de Suvalkai. Le plus grand nombre de fabriques (presque autant que les trois autres gouvernements réunis) se trouvaient, par conséquent, dans le gouvernement de Gardinas. Le nombre des ouvriers et la valeur de la production étaient même dans ce gouvernement plus élevés que dans les trois autres ensemble. C’est surtout la ville de Balstoge (Bialostock) qui jouit d’un grand développement industriel. La plupart des industries (en 1908 il y en avait 191, occupant 7i5o ouvriers) du gouvernement de Gardinas s’occupaient de la transformation de la laine, 27 fabriquaient de Touate, 57 filaient la laine, qS la tissaient, 53 la filaient et la teignaient, 25 fabriquaient de la toile et des couvertures, 2 fabriquaient des tissus de laine.

Les industries alimentaires étaient encore plus nombreuses (235) et, parmi elles, il faut citer les distilleries. Elles transforment, en tout, 5o 000 quintaux de céréales et 1 million de quintaux de pommes de terre; elles en retirent de 25o à 370000 hl. d'alcool à 40 degrés. Le nombre des brasseries est également plus élevé dans le gouvernement de (jardinas que dans les trois autres provinces lituaniennes; en 1908 elles étaient au nombre de 54; en 1912 elles étaient au nombre de 33 contre la moitié environ dans chacun des trois autres gouvernements, mais

elles sont beaucoup plus petites et produisent beaucoup moins que dans les trois premières provinces. Le nombre des moulins est très grand. En 1908 il y en avait 2o58, occupant 2915 ouvriers contre 5oo environ seulement dans les gouvernements également étendus de Kaunas et de Vilnius. Mais il n’existait que 3q installations comparables à des fabriques, par conséquent à peine davantage que dans le gouvernement de Kaunas, où Ton comptait 33 moulins à vapeur. Comme autres industries, on trouve encore 70 tanneries dans le gouvernement de Gardinas contre 20 seulement dans celui de Kaunas et 37 dans celui de Vilnius. Le gouvernement de Kaunas ne présente, à part un nombre relativement restreint de distilleries, de brasseries, de moulins, de tanneries et de scieries aucune autre industrie considérable. Les fonderies de Kaunas, ainsi que la fabrique Schmidt, de cette ville, qui occupait en tout ^

1000 ouvriers, avaient une étendue considérable.

Dans le gouvernement de Vilnius, l’industrie était encore ‘

plus importante que dans celui de Kaunas, mais sans atteindre cependant celle du gouvernement de Gardinas. En plus des ^

industries accessoires agricoles, il possède encore 10 fabriques j

de papier et de carton occupant 5g i ouvriers, 4 verreries en i

(jccupant I2o3, une fabrique de tulle en occupant 418 et une !

fabrique de chocolat en occupant 5oo. Dans le gouvernement de Suvalkai, l’industrie ne joue aucun rôle. '

Comme force motrice, on employait surtout la vapeur, ainsi que, parfois, Teau et le naphte, tandis qu’on ne se servait, pour ainsi dire, pas de l’électricité. Les propriétaires de ces industries étaient généralement des juifs. Les Allemands, les Polonais et :

les Lettons en possédaient également une partie, tandis que les {

Lituaniens ne participaient guère aux entreprises industrielles. ]

Ils possédaient entre autres la fabrique de machines Vilija, de ;

Vilnius, la fabrique de ciment de Valkininkai, la fabrique de .

carton de l’ingénieur Sirutavicius et quelques autres encore.

La guerre a mis fin à presque toutes ces industries ; on a dû en évacuer la plupart pour les transporter dans l’intérieur de la Russie. D’autres ont été intentionnellement détruites, d’autres j

ont disparu. Ici aussi, une nouvelle vie pourra refleurir sur les ’

ruines. Les tableaux suivants donnent de plus abondants renseignements de ce qui existait. '

Entreprises industrielles en 1912.

(Source : Handhtich der fH>Ui, Statistik.')

Kaunas

Vilnius

Gardinas

Suvalkai

Nombre des entreprises industrielles

Nombre des ouvriers

Produit

en

1000 roubles

fl 024 9 928

Nombre

des

moteurs

Chevaux*

vapeur

hiqi

Litauen

Industries accessoires agricoles.

Distilleries

Brasseries

Moulins

Usines Ouvriers

Usines

Ouvriers

Usines

Ouvriers

KLaunas

V’ilnius

lOI

io65

Gardinas

Suvalkai

Litauen

io55

Industries se trouvant soumises à rinspection des fabriques en 1912 d’après leur importance et le nombre de leurs ouvriers.

Répartition

Hn

Industries

tout

Ouvriers

de leurs ouvriers Moins II

de 10 à 50 à

suivant le nombre $1 lOI

qu’elles

occup

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