‹ L'État économique de la Lituanie [microform]; extrait de Pro LituaniaChapitre 7 sur 14 · LES RÉCOLTES · texte numérisé non relu

LES RÉCOLTES

En Lituanie, elles sont considérablement inférieures à celles de la Prusse orientale ou même de l’Allemagne, mais elles ne sont pas inférieures à celles d’autres pays qui pratiquent une culture moins intensive tels que la Belgique, l’Italie, l’Autriche- Hongrie. Dans la Prusse orientale, comme généralement en Prusse, on pratique surtout une culture très intensive. Lorsqu’on compare surtout la Lituanie à la Prusse orientale dont le sol et les conditions climatériques sont identiques, on voit que la production agricole de la Lituanie ne représente que la moitié de la production qu’il serait possible d’atteindre. La Prusse orientale avait en i885 à peu près le même rendement que la Lituanie en 1910. Si elle a doublé sa production durant les vingtcinq dernières années, il faut s’attendre à ce que la Lituanie fasse, en moins de temps, les mêmes progrès grâce au développement de la science agricole et grâce à une utilisation plus considérable des machines agricoles, grâce aussi à des conditions plus favorables. L'avenir agricole de la Lituanie n’est donc pas mauvais. Si ses récoltes sont inférieures à celles de la Prusse orientale cela tient à plusieurs causes. Il n’y avait, surtout, pas de marché pour les produits agricoles et, ce fait, entraînait l’absence de concurrence ainsi que l’impossibilité d’introduire des innovations et de faire des progrès. D’un côté, les terres noires russes concurrençaient fortement la production lituanienne et, de l’autre, des tarifs douaniers très élevés fermaient la frontière prussienne. Les droits de douane qui étaient

en 1894 de 0,70 couronne autrichienne par poud russe (16 kg. 38) de froment avaient été élevés à 10,08; pour le seigle les droits s’étaient élevés de 0,68 â 0,96; pour l’avoine, de 0,54 à 0,96. D’autre part, le gouvernement russe éleva encore les droits pour les instruments agricoles importés en Lituanie. Le propriétaire foncier lituanien devait donc vendre à bas prix les produits de son travail pour payer au contraire très cher les produits de l’étranger dont il avait besoin. Ce fait grevait son budget et il ne lui restait plus beaucoup d’argent pour acheter les engrais chimiques, les machines agricoles, pour se procurer de meilleures semences, pour créer et entretenir des écoles d’agriculture. L’Etat refusait son concours. C’est par ces motifs qu’il faut surtout expliquer le faible rendement â l’hectare et le faible rendement brut comme on peut s’en rendre compte par les tableaux suivants :

Récolte de 1912 (par mille biquintaux)

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