‹ L'État économique de la Lituanie [microform]; extrait de Pro LituaniaChapitre 9 sur 14 · L’ÉLEVAGE DU BÉTAIL · texte numérisé non relu

L’ÉLEVAGE DU BÉTAIL

L'élevage du bétail joue en Lituanie un rôle aussi important que l’agriculture. Dans ce domaine, la Lituanie dépasse la Rus-

sie européenne ainsi que le royaume de Pologne et elle se rapproche de la Prusse et de l’.\utriche. Mais elle reste fortement en arrière si on la compare à d’autres pays de caractère agricole prononcé qui s’occupent surtout de l’élevage du bétail, tels que la Prusse orientale, la Hollande et d autres. On élève surtout en Lituanie des chevaux, des bêtes à cornes et des moutons ; l’élevage du porc est par contre relativement plus faible. Durant les dix dernières années, on a constaté dans les gouvernements de Kaunas, de Vilnius et de Gardinas une augmentation constante, sinon très considérable, du nombre de chevaux et de bêtes à cornes tandis que l’élevage des moutons a quelque peu diminué, surtout à cause de la concurrence du coton américain. Dans le gouvernement de Suvalkai, l’élevage du bétail a quelque peu diminué dans sa totalité en faveur de l’agriculture. On élève surtout les chevaux dans le gouvernement de Kaunas qui possède beaucoup de prairies et de pâturages, dans certaines parties du gouvernement de Vilnius ainsi que dans le gouvernement de Suvalkai. A ce point de vue le gouvernement de Gardinas reste en arrière. L’élevage du cheval est l’occupation préférée des Lituaniens. Les « Dainos », qui sont les chansons populaires lituaniennes, nous montrent quel attachement profond existe entre l’homme et le cheval, et c’est exact. Ce que l’on a dit et qui est devenu célèbre au sujet de l’élevage des chevaux et de l’amour qu’ont les Lituaniens de Prusse orientale pour eux, est exact en grande partie en ce qui concerne les autres Lituaniens. Dans la basse Lituanie (Samogitie), on élève surtout le petit cheval samogitien qui ressemble presque au ponev ; il représente un type particulier, mais, à l’heure actuelle, on ne le trouve plus à l’état pur. fl est très sobre, dur au travail et il résiste même avec peu de nourriture, lorsqu’il travaille, beaucoup mieux que ne le laisserait prévoir tout son extérieur. Autrefois, il porta son cavalier, le guerrier conquérant lituanien, de la Baltique jusqu’à la .Mer Noire et il a également montré toutes ses qualités durant les luttes que les Lituaniens soutinrent contre les Ordres chevaliers allemands. La race actuelle, qui est déjà très mélangée, suffit aux besoins de l’agriculture lituanienne bien mieux que les races améliorées et c’est pour cela que les paysans la préfèrent.

L’élevage des bêtes ù cornes prend une importance de plus en plus grande et qui a surtout sa cause dans le fait que l’in-

dustrie du lait ne souffrait pas autant que la production de céréales de la concurrence intérieure russe. L’industrie laitière s’est grandement développée, surtout aux abords des villes, aux endroits où les produits du lait pouvaient atteindre le marché mondial par Riga et Libau. Les propriétaires fonciers principalement recueillaient autrefois les avantages de cette situation, mais les paysans cherchèrent aussi durant ces derniers temps par la formation de coopératives laitières à trouver un débouché productif dans ce domaine. La race de bétail indigène, le bétail de la campagne lituanienne, est fortement bâtie et de belle apparence. On juge de différentes façons son utilité. Après la guerre, il serait absolument nécessaire — et cela aurait de meilleurs résultats — de rajeunir la race comme a déjà tenté de le faire plusieurs fois.

\J élevage des moutons est beaucoup plus considérable en Lituanie qu’en Prusse orientale, même chez les paysans, et cela s’explique d’une part parce que les petits pâturages et les petits pacages qui conviennent à cette sorte d’élevage sont très nombreux en Lituanie ; cela s'explique encore par le fait que les produits des moutons indigènes trouvent dans le pays même un emploi beaucoup plus considérable que dans les pays de l’Europe occidentale. On travaille à la maison la laine, non seulement pour faire des bas, mais encore pour faire des habits. On sale ou on fume la viande d’agneau qu’on utilise ainsi dans les maisons et la peau du mouton joue encore un grand rôle chez les paysans. 11 y a, par contre, beaucoup moins de chèvres; ce sont principalement les Juifs habitant les petites villes et les possesseurs d’un lopin de terre ne se trouvant pas en état d’avoir une vache qui possèdent des chèvres.

L’élevage des porcs est en Lituanie beaucoup plus faible que celui des autres animaux. La viande de porc n’est notamment employée exclusivement que pour la consommation personnelle et elle n’est pas très grande. La frontière prussienne était pour ainsi dire fermée à l’exportation, l’intérieur de la Russie suffisait lui-même à sa production et le transport de la viande de porc vers les pays d’outre mer n’était pas assez développé. 11 y a donc peu de profit à élever beaucoup de porcs. On s’en occupait également peu; en été, on les conduisait généralement dans les pâturages ; en hiver, on les nourrissait avec les restes du ménage.

L’élevage des volailles occupait une grande place dans le commerce extérieur. On exportait notamment en Allemagne des œufs et des oies par wagons. Il y avait aussi beaucoup d’œufs qui étaient exportés en Angleterre. Le territoire de Suvalkai avec ses nombreux lacs qui se trouve sur la ligne de Kaunas-Virbalis-Kônigsberg produisait notamment beaucoup de volailles. Dans cette contrée, on élève surtout les petites oies polonaises ; dans le nord de la Lituanie, par contre, on se livre de préférence à l’élevage des oies lituaniennes plus grosses.

Il convient de remarquer qu’en Lituanie les petits propriétaires s’occupent de l’élevage du bétail beaucoup plus que les propriétaires fonciers. Les paysans possèdent trois à quatre fois plus de bétail que ces derniers. Nous donnons, grâce aux tableaux suivants, des informations pius précises à cet égard.

Têtes

Chevaux

de bétail en 1914.

lîêtes à cornes Moutons et chèvres

Porcs

Kaunas

Vilnius

(jardinas

5oi

Suvalkai

Lituanie 1914

Prusseor. 1913

Pour 1000 habitants il y a :

Qieyaux |

Bétes à

cornes

Moutons et chèvres

Porcs

Kaunas

Vilnius

(Jardinas

Suvalkai

ÏO4

Prusse or.

Royaume

de Pologne

Pour lOÜ ha de superficie :

Chevaux

Bêtes a cornes

Moutons et chèvres

Porcs

Kaunas 8

Vilnius f)

Gardinas 5

Suvalkai 9

Royaume de Pologne lo

Têtes de bétail en 1000

possédées par les propriétaires fonciers et les paysans; (comptées en mille)

Chevaux

Bêtes à

Propi.

fonciers

L cornes 1 Paysans j

Moutons

Propr.

fonciers

et chèvres Paysans

Porcs

fonciers

Gouv.

Kaunas

Vilnius

Gardinas

Suvalkai 190/ i3

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