UN SIMPLE PARALLÈLE
Il est presqu’inutile de signaler la différence profonde qui sépare les deux lois et qu’on s’efforce vainement de cacher au public.
Dans la première, le législateur dit à la nation : « La main-morte ecclésiastique , qui a envahi une grande partie du territoire, a été l’un des fléaux de Tltalie. Je la supprime au nom de l’intérêt public. Les biens de l’Eglise seront vendus et rentreront dans la circulation, où ils deviendront une source féconde de richesses. Un nouveau peuple de propriétaires sortira du sol ; né de la liberté, il en sera le gardien et le défenseur. Sur le produit de la vente des biens, il sera prélevé une somme suffisante pour les besoins du culte et du clergé; le reste sera remis à l’Etat, qui s’en servira pour rétablir ses finances et rendre mou»
lourdes pour les citoyens les charges qu’entraînent toujours après elles les grandes transformations politiques. > Dans la seconde, le 1 angage du législateur n’est plus le môme. Il dit à l'Italie:
f J’ai besoin de six cent millions. Je vais rendre au clergé les biens que je lui ai pris et qu'il vendra lui même , s’il le veut, à condition qu’il me donnera cette somme. Quelques statisticiens m’ont fait voir que la main-morte ne vaut pas autant qu’on l’avait dit ; je fais donc une bonne affaire. Mais comme j’ai besoin du clergé , je vais proclamer la liberté absolue de l’Eglise.
La propriété ecclésiastique ira où elle pourra. Il est bien possible qu'il en sorte une main-morte nouvelle; je puis le regretter, mais je trouve là six cent millions; et vive la caisse! >
La première loi était l'œuvre intelligente et courageuse d’une assemblée politique qui a la conscience de son rôle et qui aspire véritablement à régénérer un peuple.
Que dire de la seconde? On ne peut guère y voir qu’une œuvre de comptables,
de traitants ou d’argentiers qui sacrifient volontiers les principes aux intérêts de leurs coffres forts.
rv.
CE qu’il faut penser des motifs sur lesquels