I.Kh UKrAhAllilNS i:i I. IMtl STHIK FRATIÇAISE
Lp problème des r(''|».iralions, qui aurait dû unir les Français, oppose aujourd'hui des gioupes les uns aux autres, et ru oppose quelques-uns à l'inlérêl national le plus ('vidonl. Un jour, dans une réunion privée où le pro- 1)1(1110 élail traité, quoiqu'un, qui est bien placé pour connaître le vrai, prononça celte |)arole :
— Mais veut-on vraiment (juo l'Allemagne répare ? — Quel était donc cet ON dont la volonté touchant h^s réparations pouvait être mise en doute ? Cela se murmure de tous côtés, cela, ne s'imprime guère ou pas du tout. El l'on serait assez embarrassé aujourd'hui pour le nommer, car il est chanfj^cant, et le nombre des intérêts que lèsent les réparations {,'randira plus l'on tardera. Si l'on attend quelques années, le problème des réparations deviendra insoluble.
Il a été commis par l'I-^lat une laulc initiale formidable. A la fin de 1918, le problème des réparations était relativement simple. On a commis la faute de le regarder beaucoup plus comme un problème financier que comme un proljjèinn (le transfert ilr produits et de marchandises d'un pays à un aulrr. Kt. par surcroît, on a regardé (c'est M. T^ouchcur, au début) les régions libérées comme u\\ grand chantier pour l'industrie française pendant dix ans. C'est-à-dire que, dès ce moment-là. on a fait soi-même, à l'intérieur du pavs, une politique destinée à rendre les réparations de |>lus (Mi plus difficiles.
Nous l'avons déjà publié ici. et il faut le répéter :
Les paiements allemands ne oeuvent se Jaire tjue sous la
forme de Iravull ou Je fournitures de piuduils ou de marchandises, s()'\l direclemenl, soit indirpctcmcnt.
On |»piil retoiirnor le prohlriiie dans tous les sens : il est impossible d'aboutir à une autre concluRioQ. Il n'y a d'ailleurs Jamais eu d'autres moyens de paiement, non seulement de |)eu|>le à |>eu[)le. mais de ville à ville, et m^me d'Iiomme à lioinme, l'or inonnaio ou l'or-oiétal n'intervenant que pour une part (rùs faible, surtout lorsqu'il s'agit de gros paiements.
Ce n'est pas avec des marks, sains ou malsains, que l'Allemagne |>eut nous payer, c'est avec des produits allemands. Si elle nous donne des marks, elle ne fait rien d'autre que de nous donner le droit d'acheter ses pn^luit^ dans ses magasins. Kl si elle nous donne des u de\iseii étrangères ». elle ne nous donne rien d'autre que le droit d'acheter des produits ilrangers, sur lesquels elle aura acquis un droit par l'exportation de ses produits. Sous toutes les opérations monétaires, il n'y a jamais que des échanges de travail, de matières, de marchandises, (^'esl une vérité élémentaire de l'économie (>oliti(]ue. que les négociateurs des traités ont trop oubliée, probablement parce (pi'il v avait trop de fînanciers autour d'eux.
[^question était donc de savoir quel travail, quelle fourniture de produits et de marchandises on acce()lerait de l'.Vlloinagne. soit directement, soit indirectement. C'est-àdire : acceplerait-on en paienjent travail, pro<luita et marchandises venant directement d'Allemagne, ou accepterait on en paiement du traNail. des matières premières, des marchandises fournies par l'.Xngleterre. l'Amérique du Nord et du Sud et payés k ces pays par des exportations allemandes? I^ réponse aurait été fournie si l'on avait fait un inxentaire dos besoins, avec l'aide dos syndicats industriels et agricoles, et l'on serait arrivé à un résultat assez, satisfaisant. Par