‹ L'état et la productionChapitre 8 sur 20 · I. nrmr.r >.\Tio:t\i. i;i i r.s r.fiurs i:«:f>^owi(ji e · texte numérisé non relu

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6) En rab»encc d'organcH de coordination nationale des grou|)fnii-iitM*C(>ri(>iiii({ii(*s fratirais (m dciiors de foule considération politique sur l'cxiblcnce du Keicli).

Le rapprocliemcnt (économique franco-allemand, accom pagiié d'accords particuliers de l'industrie française avec l'industrie allemande, serait le plus ^rnnd des dt'sastres de la paix. Cu serait l'atinulation des risultals de la guerre, la paix perdue.

lit il faut ajouter que la solution est pourtant dans cette dircclion, avec un Ktal (jui (.onçoive et applique une polilicpie française indépendante, et h condition (pie l'on insti. tur uti organe de coordination eiïecti%e de l'écoDomie fran çaise, où les dillérents intérôLs de l'industrie se confronteront et s obli^'eront les uns les autres, publiquement loyalement, à s'organiser pour incorporer à la production française les paiomcnLs allemands, nécessaires à In France, et «lont l'Alloma^Mie doit inc^irporer les frais aux frais do la production allouiando.

Ql'K l'K^SEM SI R CE |M»nT LES CIIBKS DES GRANDS (iROl l>EMK!1TS ?

Lorsqiiv, à la C I. P. K.. nous a>ons décidé de collaborer à celte constitution d'un organe de coordination ciïective de rticonomie française, nous avions, comme d'autres personnes avec qui nous avons l'Iionneur de travailler, cette pensée qu'un tel organe serait de première utilité pour l'organisation du paiement des réparations. I.a première création faite a été accueillie par des « mouvenienls divers ». l^s gens de gaucbe ont crié comme des

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putois, niais [xiiir des raisons de basse politique intérieure, et aussi pour quelques raisons qui sont assez peu françaises. C'est un fait que les authentiques groupements de gauche, comme 17-Vt! nonvcUc et tout ce qui s'y rattache, ont des sympathies marquées pour l'Allemagne. Va il y a eu d'autres mouvements, qui ne vieiment j)as de gauche, mais qui viennent des milieux d'alfaircs, qui se sont produits dans un sens opposé à celui où nous marchions. Cela nous rappelait qu'il y a dans le monde de la grande industrie des hommes qui conçoivent la politique française beaucoup plus en fonction de leurs très gros intérêts propres qu'en fonction des intérêts nationaux, et que cela amène aux plus baroques alliances politiques, inavouées, mais réelles. J'ai eu l'occasion de nommer, à ce sujet, l'Union des Intérêts économiques, d'une part, et le Comité des Forges, d'autre part. Je dois à mes lecteurs quelques éclaircissements sur la suite de cette affaire, qui se rattache directement à la dernière partie du problème que je viens de traiter : la constitution d'un organe de coordination effective de l'économie française, constitution pour laquelle quelques groupements ne paraissent pas avoir uugoût très vif. Un débat ouvert publiquement ne peut pas se terminer par des entretiens privés.

J'ai eu l'honneur d'avoir avec M. Robert Pinot, vice-président du Comité des Forges, un entretien que lui et moi désirions. J'avais attribué à M. Robert Pinot une certaine influence dans les manœuvres qui se sont produites et. à cette occasion, j'ai marqué comment et pourquoi, à mon sens, et au sens d'un grand nombre de personnes, le Comité des Forges ne facilite pas le travail d'unification des efforts des producteurs, parce qu'il a une gratidc autorité, de grands moyens, et qu'il ne tient pas, ce qui se conçoit, à voir ('ftto autorité, ces rriovens limités dans des conférences.

1, nTKRF.r >iAIIO'SAI. El" LES COHI'S ECOMJMlgiES 2g

des assemblées où les autres iiitciôls économiques se manifesteraient.

Il est presque superflu que je dise (juc mes réllexions sur le rAle du Comité des Forges ne sont inspirées par aucune inimitié personnelle ; j'ai une vive admiration pour M. Robert Pinot. qui a forlemerït aidé à la construction d'un des plus grands organismes lran(;jis et qui lui a sacriliéson exis tence tout entière. Il est incontestable que M. Hobert Pinot est une des premières têtes de l'économie française. Mais il est Robcit Pinot et « Comité des Forges ». avec une force que j'admirerais sans réserve s'il y avait toujours, à la léte de l'Etal, un homme et des ministres capables à la fois de faire ducs et pairs les hommes qui doivent l'être et de rappeler aux ducs et pairs, à chaque minute de la vie nationale, que le Prince est au-dessus de tous. Et c'est au fond tout le débat. Le débat est ouvert. Il est loin d'être terminé. M. Robert Pinot et moi y avons pris part, durant deux heures, sansavancer beaucoup vers une conclusion.

Mais il y avait une question de fait à régler :

Pour ce qui est des manœuvres opérées contre l'union des producteurs par un personnage qui n'est qu'une personne interposée, M. Robert Pinot a bien voulu me faire l'honneur de me donner sa parole que, ni directement, ni indirectement, il n'avaitdonnéaucune indication dans cesens.

.Je ne mets pas un inslanl en doute la parolede .M. Robert Pinot. Je tiens donc ce point pour acquis. Et je regarde comme particulièrement satisfaisant que nous n'ayons plus à associer le nom de M. Pinot à celui du personnage inter posé lorsque nous aurons à parler de celui-ci de nouveau.

— Mais autour de vous ? disais-je à M. Robert Pinot.

Sur ce point. M. Robert Pinot ne sait rien. J'aurais très mauvaise grAce à lui faire grief de celte ignorance. Voilà une question de fait réglée entre lui et nous.

I MAI II IV IH'MjLLIIO.N

Sur la m<^riie question de fait, les coDnrnialions, concernant les autres personnes nommées, nous sont venues, quelques-unes avec précision. Nous en ferons étal le moment venu.

Restait le débat général, et cet iniln; Lut (jm- Je (.itimlf ne paraît pasappuyer de bon gré la conslitulion de ces centres nationaux de coordination économique qui nous paraissent à nous une nécessité impérieuse. Puis je dire que j'ai vu se produire sur celte question, chez M. Hobert Pinot, une manifestation de dédain ? Je n'apprendrai rien à qui que ce soit en le disant. M. Robert Pinot est très légitimement fier de l'œuvre accomplie par la rue de Madrid, et je crois qu'il considère que, dans le reste, il y a beaucoup d'institutions en enfance, Mais qui le nie? On aimerait que le Comité des Forges, fort de son expérience et de sa puissance, facilitât lui-même l'asceusion de ces jeunes organisations professionnelles qui essayent actuellement d'imiter son œuvre, et qu'il présidât à leur association sur le plan national. Mais comment demander à celui qui est aujourd'hui le [)lus fort, et (pii se sert de sa force, défaire croître ceux qui, devenus forts, discuteraient d'égal à égal avec lui ? C'est peut-être une impossibilité morale, née d'un bel égoïsme de corps, où je voyais, tandis que j'écoutais M. Pinot, se manifester un esprit féodal qui ne manque pas de grandeur.

J'admire cet esprit féodal, car en fait, à l'intérieur de la nation, même «dans le siècle où nous sommes », il n'y a que cet esprit qui soit organisateur. Mais il n'organise que les duchés, comtés, baronnics et républiques corporatives. Il n'organise pas les conseils supérieurs de la nation. Ces conseils nationaux seront-ils institués dans cet état de féodalisme industriel où nous sommes aujourd'hui, en l'absence du vrai sonvcM'aiii ? L'expérience est à faire.

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Elle sfi fera parce (jn'il est tic toute ridcessité que s'établissent cl la liaison entre I Klat cl réconomie franraise, et la liaison <;ntre les grands corps économiques. Ceci tant [ntui la solution des problcincs généraux dont nous avons parlé, que poir la solution du problème des réparations qui devrait élre apportée par une assemblée économique nationale. L» question est posée. Nous verrons en 1923 quelle solution elle recevra, et cpielle sera l'attitude de ces grands corps qui, pour le moment, sont un peu comme les seigneurs de la Diète de Pologne, et qui, dans un Etat bien organisé, seraient les colonnes de la richesse natio« nale.

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