XLVI INTRODUCTION
Cette attitude, loin de se modiner, va se complétant et s'afflrmant. Le Congrès des postiers syndicalistes, tenu le € juillet 191?, se prononce contre le principe même d'un statut légal des fonctionnaires. A la suite de ce congrès, une campagne est entreprise par les militants dans tout le pays, auprès de tous les fonctionnaires des autres administrationa. On y vote des ordres du jour rédigés sur un type uniforme :
« Considérant... qu'en ce qui concerne le statut individuel, la ici apparaît comme un acte d'autorité exercée par TEtat à l'égard de ses employés pour régler des rapports réciproques qui devraient être librement débattus entre les parties intéressées...
<c Déclarent fermement qu'en matière de statut individuel, il ae saurait y avoir lieu à intervention de la loi ;
u Revendiquent le libre exercice de leurs droits et Tusage de toutes les libertés sous le régime du droit commun :
« Repoussent en conséquence le principe même de tout statut de fonctionnaires ;
« Protestent contre les mesures prises à l'égard des instituteurs et assurent ces camarades de leur fraternelle solidarité (1) ».
Les mesures auxquelles cet ordre du jour fait allusion en dernier lieu sont les poursuites entreprises contre les institu-
(1) Ordre du jour voté dans la réunion de fonctionnaires provoquée à Nancy, le 3 novembre 1912, par l'Association générale des agents des Postes. Cf. les journaux VEst républicain^ du 4 novembre, el V Eclair de VEst, du 5 novembre. — Il convient d'ajouter, pour restreindre ces manifestations à leur portée véritable, qu'en présence de l'argumentation courtoise, mais sérieuse, apportée par M. Louis Marin, député de Nancy, et par nous-méme, en faveur d'un statut légal, Tordre du jour oi-dessus reproduit ne fut adopté que par une trentaine de votants, alors que près de deux cents fonctionnaires assistaient à la réuuion. Les trois quarts s'abstinrent de prendre part au vote. — Néanmoins, le 20 novembre 1912, un Comité d'entente se constituait à Paris pour continuer cette campagne.