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la même solution. A l’État les intérêts généraux ou politiques, la paix et la justice; à l’association les intérêts sociaux, à l’individu le soin et la responsabilité de sa personne et de sa vie ; c’est par cette juste conception que les sociétés modernes diffèrent des sociétés antiques, qui, placées dans d’autres conditions, réduites au mur d’une cité, étrangères au christianisme, n’ont jamais eu le respect de l’individu.
On ne s'étonnera pas de trouver dans ce volume des études sur M. de Tocqueville et sur les États- Unis. De tous les publicistes français M. de Tocqueville est celui qui a le mieux senti que la faiblesse des sociétés modernes, c’est la centralisation ; que leur vraie force, c’est la liberté individuelle et l’association. Il est notre précurseur dans la voie féconde où s’engage la civilisation. Quant aux Américains, nos anciens et fidèles alliés, c’est le peuple qui a le mieux résolu les questions qui nous agitent. Depuis soixante-dix ans nous nous épuisons à conquérir la liberté ; depuis soixante-dix ans l’Amérique en vit ; c’est sa fortune et sa gloire. Les tristes convulsions de la guerre civile ont ébranlé des âmes faibles ; c’est la liberté qu’ils accusent de ce qui est le crime de l’esclavage ; pour nous, vieil ami de l’Amérique, ces épreuves si noblement affrontées n’ont fait que nous rendre plus chère la patrie de Washington ; tous nos vœux sont pour une Amérique grande.
PRÉFACE
forte, unie et libre. Il nous la faut pour faire contrepoids à l’Angleterre, et maintenir l’indépendance des mers; il nous la faut pour donner au monde l’exemple d’une démocratie riche, pacifique, morale et éclairée ; il nous la faut enfin pour qu’au milieu de tous nos orages il y ait au delà de l’Océan un abri sûr où la liberté brille comme un phare inextinguible, et jette ses rayons sur le vieux continent.
Versailles, l'‘■aoûl l863.
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