‹ L'État et ses limitesChapitre 27 sur 59 · L'Ancien régime et la Révolution, p · texte numérisé non relu

L'Ancien régime et la Révolution, p

AJLEXIS DE TOCQUEVILLE.

roi Louis XVI. « La natiou, lui dit-il avec la tristesse « d’un citoyen, la nation est une société composée de K différents ordres mal unis, et d’un peuple dont les « membres n’ont entre eux que très-peu de liens, et « où par conséquent personne n’est occupé que de son « intérêt particulier. Nulle part il n’y a d’intérêt com- « mun visible. Les villages, les villes n’ont pas plus de rapports mutuels que les arrondissements auxquels « ils sont attribués. Ils ne peuvent même s’entendre « entre eux pour mener les travaux publics qui leur « sont nécessaires. Dans cette guerre perpétuelle de K prétentions et d’entreprises. Votre Majesté est obligée « de tout décider par elle-même ou par ses mandatai- « res. On attend vos ordres spéciaux pour contribuer « au bien public, pour respecter les droits d’autrui, « quelquefois pour exercer les siens propres »

Est-ce à dire que la Révolution n’ait été qu’un mot vide et une œuvre stérile ? Ce n’était point la pensée de M. de Tocqueville. La Révolution a été féconde par ses destructions, elle a ruiné tout ce qui gênait l’égalité. Elle a supprimé la noblesse, qui, hors de l’armée, n’était plus qu’une caste inutile; elle a détruit la puissance territoriale du clergé, puissance qui n’avait plus de raison d’être ; elle a débarrassé le sol de charges lourdes et non rachetables qui gênaient l’agriculture; elle a émancipé l’industrie ; elle a établi l’uniformité d’impôt ; en deux mots, elle a été une grande réforme sociale ; mais ce niveau passé sur toutes les conditions n’a fait

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