L’Ancien régime et la RévoliüUmf p
ALEXIS DE TOCQUEVILLE
moins d’un an après la Révolution commencée : « Com- « parez le nouvel état de choses avec l’ancien régime; « c’est là que naissent les consolations et les espérances. « Une partie des actes de l’Assemblée nationale , et « c’est la plus considérable, est évidemment favorable « au gouvernement monarchique. N’est-ce donc rien « que d’être sans Parlements, sans pays d’États, sans « corps de clergé, de privilégiés, de noblesse? L’idée « do ne former qu’une seule classe de citoyens aurait «plu à Richelieu. Cette surface égale facilite l’exercice « du pouvoir. Plusieurs règnes d’un gouvernement ab^ « solu n’auraient pas fait autant que cette seule année «de révolution pour l’autorité royale*. » C’était présenter à Louis XVI les rélormes de 1789 du côté par où plus tard Napoléon s’en saisit.
En dévoilant les origines de la centralisation, en lui restituant sa véritable physionomie, M. de Tocqueville faisait la part de l’ancien régime et de la Révolution; du même coup il dissipait un malentendu fâcheux qui n’a duré que trop longtemps. Après l’avoir lu, il faut une foi robuste pour croire encore que la liberté moderne puisse s’accommoder d’un système inventé par les légistes pour anéantir toutes nos anciennes franchises. Nous devons à nos rois l’unité de la France, c’est un bienfait qui mérite notre reconnaissance ; mais l’unité n’implique pas la centralisation administrative; il est aisé de concevoir un régime qui, sans amoindrir l’Ktat, fasse la part de l’individu. Grand par-