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Histoire d’ Amleterre. chapitre xxi

326 L’iNmUCTION PUBLIQUE

la liberté de la presse est devenue de plus en plus complète, et durant ces cent soixante années la contrainte morale inspirée aux écrivains par le sentiment général des lecteurs est devenue de plus en plus étroite. Les œuvres même où autrefois on laissait pleine carrière à une imagination voluptueuse : chansons d'amour, comédies, romans, sont devenues plus décentes que les sermons du dix-septième siècle. Aujourd'hui, des étrangers qui n’osent pas imprimer un mot sur leur gouvernement en sont encore à comprendre comment la presse la plus libre de l’Europe en est aussi la plus prude. » Sur une moindre échelle, nous avons fait la même expérience; sous le gouvernement constitutionnel, l'opinion s’est souvent révoltée contre des romans immoraux ; il y avait loin cependant de ces écrits coupables aux gentillesses de Parny, aux nouvelles à la hussarde de Pigault-Lebrun dont ne s’eifirayait pas la société de l’Empire. Depuis que la presse est moins libre, les romans ont-ils gagné en moralité? La dignité de la littérature nous console-t-elle du silence de la politique?

On voit quels problèmes soulève la brochure de M. HachettOi La solution qu’il en donne est pleine de sens et de sagesse. C’est là qu’arrive tout homme réfléchi. Dans un siècle tel que le nôtre, en pleine lumière, entourés comme nous le sommes de peuples libres qui écrivent et impriment sans rien avoir à craindre que des lois, il ne nous est pas permis d’imaginer des systèmes de compression que l’expérience condamne et que la raison désavoue. Si nous voulons

£T LE SDEFRAGE UNIVERSEL.

élever le niveau intelligent et moral de la France, il n’y a pas d’autre moyen que de faire ce qui a si bien réussi à l’Angleterre, aux États-Unis, à la Suisse, à la Hollande, à la Belgique ; il faut entrer dans cette voie féconde de l’éducation populaire par la liberté de la presse, et ne pas craindre d’aller jusqu’au bout.

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LE

DROIT DE PÉTITION

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