‹ L'État et ses limitesChapitre 49 sur 59 · L'Amérique devant l’Europe, p. SIS · texte numérisé non relu

L'Amérique devant l’Europe, p. SIS

pas illusion ; ce n’est pas seulement avec le Nord qu’ils ne sont plus en communion, c’est avec les Églises de toute la terre. L’Évangile où ils lisent la consécration de la servitude n’est pas celui du Christ.

' Dites maintenant s’il y a quelque chose de plus vrai que les éloquentes paroles de M. Sumner :

« Conteùiplez la guen’e, étudiez-la de tous côtés,

« vous verrez toujours l’esclavage comme cause unique « de ses maux. Jamais les paroles de l’Orateur romain « n’ont été plus applicables : Nullum facinus exsistit « nisi per /e, nullum flagitium sine te^. L’esclavage « est la cause de la guerre, il en est la puissance, la fin,

« le but, le tout. On a souvent dit que la guerre met- « Ira fin à l’esclavage; cela est probable; mais ce qui « est plus sûr encore, c’est que l’abolition de l’escla- « vage mettrait fin à la guerre »

A ces terribles arguments, à cet arrêt que le Sud a prononcé contre lui -même, qu’oppose-t-on? Un sophisme. On déplace la question; cela est plus aisé que d’y répondre. La preuve, dit-on, que l’esclavage n’est point la cause de la séparation, c’est que jamais le Nord n’a voulu abolir la servitude; en ce moment même il hésite à proclamer l’émancipation. Admirable raisonnement dont On ne soupçonne guère la portée! Comment les avocats du Sud ne voient-ils pas que si on accepte leur prétention, leur client est perdu? Quand vous , prouverez que jamais le Nord n’a voulu affranchir les nègres, en sera-t-il moins vrai que l’esclavage a été

1. Aucun forfait n’existe que par toi, aucune infamie sans toi.

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