Barbé-Marbois, p
» entier si je puis les empèelier de dominer l’Amérique comme ils « dominent l’Asie »
En signant le traité de 1803, qui doublait la surface des États- Unis, en leur donnant les immenses territoires qu’on appelait alors la Louisiane, territoires qui allaient des bouches du Mississipi à l’océan Pacifique, c’est-à-dire de la Nouvelle-Orléans à la Californie, Bonaparte dit encore ;
« Cette accession de terriloiie alTermit pour toujours la puissance « des Etats-Unis, et je viens Je donner U l’Angleterre une rivale mari- « ^ime qui tôt ou tard abaissera son orgueil »
Le récit de M. Thiers n’est ni moins intéressant ni moins instructif.
« Je ne garderai pas, dit le premier Consul à l’un de scs ministres, une possession qui ne serait pas en sûreté dans nos mains, qui me brouillerait peut-être avec les Américains, ou me mettrait en froideur avec eux. Je m’en servirai au contraire pour me les attacher, pour les brouiller avec les Anglais, et je créerai à ceux-ci des ennemis qui nous vengeront un jour, si nous ne réussissons pas à nous venger nous-mêmes.
Mon parti est pris, je donnerai la Louisiane aux États-Unis » —
(Mars 1803.)
« C’est ainsi, continue M. Thiers, que les Américains ont acquis de la France cette vaste contrée , qui a complété leur domination sur l’Amérique du Nord et les a rendus les dominateurs du golfe du Mexique pour le présent et pour l’avenir. Ils sont par conséquent redevables de leur naissance et de leur grandeur à la longue lutte de la France contre l’Angleterre. Au premier acte de celte lutte, ils ont dû leur indépendance , au second le complément de leur territoire *. »
Los Américains sentirent, dès le premier jour, l’importance de celte cession et l’immense service que la France leur rendait.
n Aussitôt que le traité fut signé, nous dit Barbé-Harbois, qui était le négociateur français, les trois ministres se levèrent, se donnèrent la