‹ L'état, le père et l'enfantChapitre 11 sur 60 · DE L EMPIRE ROMAIN A LA FONDATION DE L UNIVERSITE · texte numérisé non relu

DE L EMPIRE ROMAIN A LA FONDATION DE L UNIVERSITE

catholique devait, suivant les idées du temps, avoir la haute main, et elle l'avait en effet. Jusqu'à la fin du xi® siècle, elle n'exerça qu'un pouvoir en quelque sorte répressif. Sans intervenir en rien dans la création des écoles privées, elle se bornait à les contrôler au point de vue religieux ; mais, dès que la rumeur publique ou ses propres investigations lui avaient révélé qu'un maître professait des opinions suspectes, l'autorité ecclésiastique était, de droit, constituée juge de l'affaire et elle intervenait soit pour censurer les propositions reconnues hétérodoxes, soit même pour interdire l'enseignement à celui qui les avait émises. En fait, ce droit s'exerçait assez rarement, et de plus, le maître censuré se bornait généralement à changer de résidence (i) ; toutefois, cette menace constamment suspendue sur la tête des professeurs rendait évidemment illusoire leur apparente liberté. Celle-ci, d'ailleurs, allait subir une atteinte bien plus sérieuse encore, lorsqu'au milieu du xii* siècle, le droit de surveillance de l'Eglise fut transformé en un droit d'autorisation préalable par l'obligation, imposée aux maîtres, d'obtenir, avant de professer, une « licence » de l'autorité ecclésiastique.

En résumé, s'il existait alors une assez large liberté pour le père de famille, il n'y avait pas, pour les maîtres, d'indépendance réelle, et la notion de droit de l'enfant, au point de vue de l'enseignement, était encore des plus confuses. On ne saurait, d'ailleurs, s'en étonner : ce sont là des idées toutes modernes et dont le moyen âge eut à peine le pressentiment.

(i) Giiizot, Essai sur l'histoire et l'état actuel de l'instruction publique en France. Paris, 1816, in-S» ; p. l5.

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