GRANDE-BRETAGNE
d assiduité » institués en 1876, le devoir de faire, avant la fin de Tannée 1880, des règlements en vue d'assurer la fréquentation des écoles par les enfants de 5 à i3 ans. Si l'autorité locale négligeait de mettre en vigueur dans le délai voulu les règlements prévus par la loi, le département de TEducation devait prendre, à son défaut, les mesures nécessaires (i). En Ecosse, oii l'école primaire avait été déclarée obligatoire dès 1873, une série de lois postérieures a établi un système analogue à celui adopté pour l'Angleterre. Enfin, une loi du i4 juin 1892 a introduit, avec quelques atténuations, le système de l'obligation scolaire de six à quatorze ans, en Irlande, ou du moins dans les « bourgs municipaux », villes et townships d'Irlande.
11 ne s'agit, bien entendu, que de l'instruction obligatoire, et non de l'obligation de fréquenter une école plutôt qu'une autre. Le père de famille anglais, écossais, irlandais reste absolument libre, en fait comme en droit, de confier ses enfants aux maîtres qui ont ses préférences. Il n'est, de plus, jamais privé du droit de leur faire donner l'instruction religieuse : tout ce que la loi de 1870 et les lois subséquentes ont voulu empêcher, c'est que l'enfant ne soit forcé de suivre des cours d'enseignement religieux contraires aux convictions de ses parents. C'est là, assurément, de la vraie et saine liberté.
Toutefois ce régime ne pouvait faire cesser les rivalités des diverses confessions religieuses et des partis politiques sur le terrain scolaire. La compétition était vive entre les vo- Imtary schools, placées sous l'influence directe de l'église anglicane et du parti conservateur, et les écoles laïques fondées parles schoolboards, danslesquels dominaient l'élément «non conformiste » et le parti libéral. On accusait les school boards de faire, contrairement à l'esprit de la loi de 1870, une guerre sourde aux voluntary schools et d'avoir amené la fermeture
(i) Cette loi a distribué ég^alement, entre les écoles volontaires et les hoard' schools, les subventions votées par le Parlement pour augmenter le nombre des écoles en vue de l'obligation. ,
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d'un grand nombre de ces établissements. On se plaignait de ce que la partie ne fût pas égale entre les volantary schools et les écoles fondées par les schoolboards. Celles-ci, en effet, disposent, pour compléter les subventions de TEtat, du produit des taxes locales imposées à tous les contribuables par le conseil scolaire. Celles-là, au contraire, n'ont aucune part au produit de ces taxes et ne doivent compter, pour boucler leurs modestes budgets, que sur les libéralités des particuliers, toujours aléatoires et souvent insuffisantes.
Le parti qui gouverne l'Angleterre depuis 1 8g5 n'admet pas cette inégalité. Il entend rétablir l'équilibre entre les écoles des school boards et les écoles libres ; et c'est dans ce but qu'après de longs et orageux débats, il a fait voter les deux lois du 8 avril 1897 et du 18 décembre 1902.
La première de ces lois accordait aux volantary schools non seulement l'exemption de tout impôt local sur les bâtiments et terrains qu'elles possèdent, mais encore une allocation globale calculée à raison de 5 shillings (6 fr. 26) par élève ; cette subvention est prélevée sur le budget de l'Etat et le montant total en est réparti par les soins de VEdacation Department entre les écoles libres dont il juge la situation pécuniaire plus particulièrement intéressante.
La seconde loi, dont l'initiative appartient à M. Balfouret qui vient à peine d'entrer en vigueur, à une portée beaucoup plus considérable. Elle consacre, en réalité, une réforme complète de la législation de l'instruction publique, en remaniant aussi bien le régime de l'enseignement primaire (elementary) que celui de l'enseignement d'un degré supérieur (higher),
La première et plus importante innovation consiste à remettre de l'unité dans la direction de l'enseignement. Jusqu'à présent il existait, à ce point de vue, une division de pouvoirs qui touchait à la confusion.
Les schools boards, en effet, avaient juridiction sur les écoles primaires non confessionnelles ; mais ils la partageaient avec les comités d'assidaité, et, d'ailleurs, ils ne l'exer-