‹ L'état, le père et l'enfantChapitre 8 sur 60 · DE L.\ FIN DE L'EMPIRE ROMAIN A LA FONDATION DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS · texte numérisé non relu

DE L.\ FIN DE L'EMPIRE ROMAIN A LA FONDATION DE L'UNIVERSITÉ DE PARIS

Coup (l'œil rétrospectif: préceptes bibliques sur les devoirs respectifs des parents et des enfants. — Paroles de Jésus-Christ sur l'enfance. — Le cliristiaiiisme et l'éducation. — Les écoles sous les empereurs chrétiens. — Invasions des barbares : maintien des écoles ecclésiastiques. — Charlemagne : ses créations, l'enseig^nement obligatoire. — Décadence de l'instruction sous ses successeurs ; la féodalité, l'an mil. — L'instruction tout entière dans la main du clergé: diverses catégories d'écoles ecclésiastiques; son droit de surveillance sur l'enseignement au point de vue doctrinal. — Commencements de l'aristotéiisme : le ir'wlnm, le quadriviam. — La liberté d'enseignement existait-elle réellement à cette époque ?

La religion à laquelle s'attaquait Julien TApostat apportait, en effet, de l'Orient, une doctrine nouvelle en matière d'éducation et une conception jusqu'alors inconnue de la dignité et des droits de l'enfant. Les idées du judaïsme différaient déjà singulièrement, à ce point de vue, de celles de l'antiquité grecque et latine. La Bible est pleine de préceptes se rapportant au rôle respectif du père et de l'enfant : tout en consacrant l'autorité presque absolue du père, elle donne à cette autorité un caractère essentiellement religieux ; elle n'en investit le père que par une sorte de délégation divine, comme représentant, on pourrait dire comme prêtre du dieu vivant. Le respect dû aux parents est prescrit, au nom de Dieu lui-même, par le Décalogue et placé presque au même rang que le culte dû à Jéhovah. La Bible a proclamé la royauté du père de famille en des termes dont la majesté

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souveraine ne sera jamais dépassée ; elle a dit : ce L'homme qui craint le Seigneur respecte son père et sa mère, et il leur est soumis comme aux auteurs de sa vie. » Quant aux devoirs des parents, elle les envisage presque uniquement au point de vue de la formation morale et religieuse de l'enfant ; et, sans paraître trop se préoccuper de la dignité ou des droits de celui-ci, elle recommande surtout, avec une insistance étrange, de travailler à la répression de ses mauvais instincts. Avec une connaissance profonde de la nature humaine, elle semble redouter, chez les pères et les mères, bien plus l'excès de faiblesse que l'excès de sévérité, et elle ne cesse, pour ainsi dire, de les prémunir contre leurs propres défaillances.

a Flattez, dit-elle, caressez votre fils, et il se rendra redoutable ; jouez avec lui, et il vous causera mille chagrins... Ne vous familiarisez pas trop avec votre fils, de peur que vous n'ayez bientôt sujet de vous en repentir et qu'il ne vous réduise enfin au désespoir... Vous avez des enfants : appliquez-vous à les élever comme il faut et, pour cela, accoutumez-les des leur plus tendre jeunesse au joug de l'obéissance... Ce n'est point aimer son fils que de lui épargner les corrections ; quand on l'aime véritablement, on s'applique à le corriger... »

Et ailleurs :

« ...Le cheval qu'on n'accoutume point au mors devient indomptable : l'enfant abandonné à lui-même ne connaît plus de frein et se précipite... Celui qui aime son fils ne se lasse pas de le corriger : c'est par là seulement qu'il trouvera en lui sa joie à la fin de ses jours et qu'il ne le verra pas mendier aux portes. La réprimande et la correction donnent la sagesse... »

Et ailleurs encore :

(( ...La déraison est attachée au cœur de l'enfant: c'est la verge de la discipline qui peut seule l'en chasser. »

Ainsi, autorité absolue et presque sacerdotale du père à son foyer, enseignement à peu près exclusivement moral.

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