DE L*EMPIRE ROMAIN A LA FONDATION DE L^UNIVERSITE I
sans intervention du pouvoir souverain entre les parents et les enfants : tels étaient les caractères distinctifs de Téduca-. tion d'après T Ancien Testament. Le Christ qui, selon sa propre parole, ne venait pas abolir la loi, mais l'accomplir, ne porta pas atteinte aux grandes règles d'éducation tracées par Moïse ; mais il adoucit, il transforma ce corps de doctrine un peu trop imposant el rigide en le pénétrant d'un souffle vivifiant de douceur, de tendresse et de charité. La loi chrétienne, dont il est difficile, même à un point de vue purement humain, de méconnaître la grandeur et la beauté morales, opéra, dans le domaine de l'éducation comme. dans tant d'autres, une profonde et salutaire révolution. Le respect dû à l'enfance n'a nulle part été prescrit en termes plus formels et plus touchants que dans l'Evangile, Jésus ordonne de laisser venir à Lui les petits enfants. Il donne leur pureté en exemple à tous les hommes en disant qu'il faut leur ressembler pour entrer au royaume des cieux. Il prononce enfin ce formidable anathème contre quiconque scandalise un seul de ces petits : (( Mieux vaudrait, pour cet homme, être précipité au fond de la mer avec utie meule de mouhn au cou. » Ainsi se trouvent affirmés et proclamés, plus hautement que jamais, la dignité de l'enfant, la grandeur de son âme, son égalité morale avec les autres créatures de Dieu, le respect absolu dû à sa personne et à son innocence. C'est vraiment un précepte nouveau ; c'est une idée et un sentiment jusqu'alors inconnus qui apparaissent et se font jour dans le domaine de l'éducation.
Aussi l'église fondée par le Christ se montra-trelle, dès 1 origine, profondément pénétrée de ses devoirs envers l'enfant et de l'importance extrême de l'éducation. Instruire les enfants au point de vue moral et religieux fut une de ses premières préoccupations et de ses premières œuvres ; mais elle ne bornait pas là tout l'enseignement de l'homme et du chrétien. Encore qu'elle n'accordât qu'une importance secondaire à la formation de l'intelligence, à l'étude des lettres et des sciences humaines, elle n'avait garde de les
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négliger. Appelée à enseigner les hommes, elle avait besoin de docteurs, de dialecticiens et d'orateurs pour lutter contre ses adversaires. C'est pour ce motif que, loin de vouloir faire fermer les écoles, elle les remplissait de ses fidèles, et c'est pour ce motif également que Julien l'Apostat, devançant en cela les persécuteurs de l'avenir, prétendait interdire aux chrétiens d'apprendre aussi bien que d'enseigner.
Son œuvre, d'ailleurs, ne lui survécut pas ; mais il avait donné un détestable exemple et ses décrets tyranniques furent suivis de représailles. Les empereurs chrétiens, retournant contre les païens les armes dont Julien s'était servi contre les chrétiens, enlevèrent aux infidèles le droit de tenir école. Ce fut l'objet d'un décret de Théodose. Un autre acte du même empereur maintenait, pour les professeurs, l'obligation de se faire approuver par les autorités locales ; mais il ne les astreignait pas à obtenir l'agrément de l'empereur.
On sait quel éclat jetèrent, aux iv' et v* siècles de notre ère, les écoles fondées ou restaurées, non seulement en Italie et à' Gonstantinople, mais encore sur presque tous les points de Tempire romain, et quels fruits y porta l'enseignement de la littérature grecque ou latine donné par des maîtres chrétiens, en grande partie laïques, professant librement sous la protection, non sous l'autorité des empereurs. Quant aux écoles ecclésiastiques, elles se consacraient à peu près exclusivement à l'enseignement religieux et à la formation sacerdotale des clercs.
Mais bientôt allait se déchaîner Forage qui devait jeter à bas, avec l'empire romain lui-même, tout le brillant édifice de ses écoles. L'invasion des barbares ruina presque partout les écoles renommées que la munificence des Césars entretenait et même celles que les provinces ou les municipalités avaient créées. Les seules qui survécurent furent les petites écoles populaires, dans un assez grand nombre de villes, et surtout les écoles ecclésiastiques, écoles cathédrales ou écoles monastiques, fondées par les ordres religieux qui